Gagnants : Washington Wizards
Allez, honneur aux perdants. Ou, dans cette situation, aux gagnants. L’une des rares victoires de la saison pour les Wizards, vainqueurs de seulement 17 matches pour 65 défaites. Encore une année dégueulasse pour la franchise de D.C., qui enchaîne les exercice plus catastrophiques les uns que les autres. 15 wins en 2024, 18 en 2025 et donc 17 en 2026. Washington est passé à un numéro près d’avoir la bonne combinaison pour drafter Victor Wembanyama et Cooper Flagg. Son tanking, enfin sa reconstruction, peut désormais démarrer, enfin décoller, avec le gros lot tiré dimanche.
Comme quoi, ça pouvait valoir le coup d’aligner une équipe indigne du niveau NBA lors des deux derniers mois de la saison avec des lineups improvisés. Ou de faire venir Trae Young et Anthony Davis en l’échange de contreparties modestes, tout ça pour ensuite les laisser au placard pendant des mois. Pour la première fois depuis sept ans, l’équipe la plus faible de la saison récupère donc le first pick.
Les Wizards ont déjà drafté Alex Sarr, Kyshawn George, Bilal Coulibaly ou encore Tre Johnson. Autant de joueurs qui présentent des qualités différentes et intéressantes. Mais il manque le mâle alpha de ce futur noyau dur. La star en devenir. Ils vont pouvoir mettre la main dessus. Vu le profil de l’équipe et les préférences qui semblent être celles du front office, on imagine que ce sera l’ailier AJ Dybantsa, scoreur hyper athlétique qui donnera une autre dimension à cette équipe.
Draft 2026 : Les Wizards choppent le gros lot !
Gagnant : Anthony Davis ?
Difficile de comprendre quelles sont réellement les intentions des Wizards avec Anthony Davis. Pour l’instant, tout le monde joue la carte diplomatique à coups de compliments, de belles phrases, d’ambitions communes, de « ça travaille bien ici, blablabla », « AD est un All-Star qui va nous aider blablabla. » Mais l’éléphant dans la pièce n’échappe à personne : la « timeline » du groupe et celle de l’ancien champion NBA ne collent pas du tout.
Récupérer Davis sans lâcher d’assets importants permettait éventuellement à Washington de progresser la saison prochaine. Sauf que l’arrivée du premier choix de la draft rabat les cartes et l’équipe va de toute façon passer un cap avec ou sans son intérieur. Les Wizards peuvent très bien commencer avec lui, mais aussi Trae Young et Alex Sarr. Quoi qu’il en soit, le plan a probablement toujours été de refourguer le vétéran à un moment ou à un autre. Une hypothèse que l’intéressé lui-même n’écartait pas. S’il faisait moins dans le politiquement correct, il balancerait sans doute qu’il préférerait jouer pour un candidat clair aux playoffs ou au titre à ce stade de sa carrière.
Même pour les Wizards, avoir Davis est un bien pour un mal. Il va apporter de la présence défensive, du rebond et des points mais ses minutes vont forcément impacter le temps de jeu d’au moins l’un des jeunes talents de l’équipe. Le « fit » avec Sarr est intéressant en défense mais on demande encore à voir en attaque. Le Français évoluait plus près du cercle cette saison et ça a eu des conséquences bénéfiques sur son efficace. Avec un AD qui ne met plus un tir au-delà de la raquette, le jeune homme risque parfois d’évoluer en périphérie. Surtout que Dybantsa n’est pas un shooteur d’exception non plus. Le spacing ne sera pas optimal.
Alors les dirigeants vont-ils oser se séparer de leur joueur de 33 ans sans qu’il n’ait disputé la moindre rencontre avec Washington ? Cela ferait probablement ses affaires.
Perdants : Indiana Pacers
Quand le GM de ta franchise se sent obligé de présenter ses excuses sur la place publique (comprendre ici, les réseaux sociaux) quelques minutes après la loterie, c’est que quelque chose ne va pas. C’est sur Twitter que Kevin Pritchard a assumé ses responsabilités après que les Pacers aient perdu leur cinquième de draft. La franchise finaliste en 2025 aura donc squatté les bas-fonds de la NBA pour rien en 2026, sans aucun choix haut placé à la clé.
Pour ça, il faut revenir quelques mois en arrière. En février, Indiana a anticipé la Free Agency et un marché compliqué sur le poste cinq en allant chercher Ivica Zubac aux Clippers. Pour ça, le club a payé le prix fort en cédant Bennedict Mathurin, un futur choix de draft non protégé ET le pick de 2026. Les Angelenos mettaient la main dessus mais à une seule condition : qu’il soit compris entre la cinquième et la neuvième place. Les Pacers, qui avaient le maximum de chances de piocher en première position, sont descendus en cinq. Direction L.A. donc.
D’un côté, Zubac comble un vrai vide. Le Croate est un pivot sous côté qui va contribuer aussi bien en attaque qu’en défense pour une équipe qui se voudra ambitieuse. Mais il n’a pas non plus le même profil que Myes Turner, le titulaire du poste lors du parcours héroïque il y a un an. Tyrese Haliburton sera-t-il le même à son retour de blessure ? Les Pacers ont-ils vraiment le potentiel d’un multiple finaliste et potentiel champion NBA ? Et si la réponse est non, ne valait-il mieux pas chercher un autre jeune talent à associer à leur meneur All-Star ?
Le trade reste a priori positif pour l’organisation. Indiana devrait être compétitif l’an prochain. Ils n’ont pas tout perdu, loin de là. Mais ils sont parmi les grands perdants de cette loterie.
Gagnants : Los Angeles Clippers
Forcément, par opposition. Les Clippers ont enclenché un mouvement jeune en lâchant James Harden pour Darius Garland au même moment où ils ont expédié Zubac vers Indianapolis. Bennedict Mathurin sera probablement prolongé. Yanic Konan Niederhauser est le pivot du futur pour Los Angeles. La franchise va miser sur des joueurs athlétiques et prometteurs pour reconstruire petit à petit avant de partir à la chasse aux gros poissons d’ici quelques années.
Ou alors, elle peut essayer de refourguer son cinquième choix pour mettre la main sur une nouvelle star à associer à Kawhi Leonard. Ce scénario paraît tout de même moins plausible. En tout cas, les Clippers, qui n’ont plus drafté aussi haut depuis Blake Griffin, ont retrouvé une flexibilité que l’on imaginait perdu pour encore quelques saisons. Bon boulot.
Perdants : Brooklyn Nets
Big, big losers. Sans doute encore plus que les Pacers. Jordi Fernandez va peut-être finir par devenir le premier coach viré parce qu’il a fait gagner quatre matches de trop à son équipe deux années de suite. C’est évidemment une boutade mais c’est clairement la situation à Brooklyn où le constat est bien triste avec un manque de pot récurrent à la loterie.
Les Nets semblaient foutus après l’échec total du trio formé par Kevin Durant, Kyrie Irving et James Harden. Sans stars. Sans tours de draft. Sans avenir. Une fois de plus. Puis les dirigeants ont surfé sur la valeur montante de Mikal Bridges pour le refourguer aux Knicks au prix fort (cinq picks !!!!!!) tout en surfant sur l’occasion pour récupérer deux de leurs propres tours de draft aux Rockets. La franchise new-yorkaise reprenait enfin un peu son destin entre ses mains avec une fenêtre de deux ans pour tanker, piocher le plus haut possible et se constituer un noyau dur jeune.
Sauf que BK a gagné 26 matches la première saison avec Fernandez sur le banc, en étant moins ridicule que prévu. Puis 20 lors de celle écoulée, et ce encore une fois après un début pas trop mauvais (et deux derniers mois en roue libre pour maximiser les chances à la draft). Les Nets se retrouvent avec le… sixième choix. C’est bien. Mais ce n’est pas dingue.
Surtout que le club a déjà drafté cinq types au premier tour l’an passé, dont trois qui évoluent sensiblement sur la même position à la mène. Aucun d’entre eux ne semble avoir le potentiel d’une future star. Peut-être qu’ils trouveront leur bonheur sur cette draft mais on imagine qu’ils sont dégoûtés de ne pas pouvoir piocher Cam Boozer, AJ Dybantsa ou Daryn Peterson. Ironie de l’Histoire, les joueurs annoncés sur la tranche 5-9 sont… tous des guards.
Perdants : New Orleans Pelicans
Il est toujours bon de rappeler que les Pelicans n’ont aucun pick cette année (le 8eme a été envoyé à Atlanta) parce qu’ils ont préféré prendre Derik Queen en 13eme position en juin 2025. Bravo les mecs.
Déçus : Atlanta Hawks
D’un côté, les Hawks vont drafter dans le top-10 après avoir disputé le premier tour des playoffs. De l’autre, ils espéraient qu’au moins l’un des deux picks, entre celui des Bucks et des Pelicans, finiraient dans le top-4. Une double combinaison qui n’a pas payé puisque les Hawks récupèrent finalement le choix numéro 8. C’est toujours une bonne opportunité pour ajouter un jeune talent à l’effectif, notamment sur les lignes arrières. Encore plus sur une cuvée dite chargée. Les dirigeants peuvent aussi s’en servir pour négocier un trade d’un joueur d’envergure en associant par exemple Zaccharie Risacher au package. Mais ça va être léger pour chercher Giannis Antetokounmpo.
Gagnants : Memphis Grizzlies
Le tanking horrible (!!!!!!!!!!!) de fin de saison a payé pour les Grizzlies. Ils ont terminé avec le sixième plus mauvais bilan et pourtant ils vont piocher dans le top-3. Parfait pour entamer leur reconstruction autour de Peterson, Boozer ou Wilson. Surtout que la franchise possède encore plein de futurs picks et peut toujours essayer de trader Ja Morant.
Gagnants : Chicago Bulls
Ils sont passé de 9 à 4. Pas mal. Une aubaine pour le nouveau GM et pour le futur nouveau coach. Surtout que le top-4 est très, très fort. Caleb Wilson est quasiment considéré dans la même catégorie que les trois souvent annoncés devant lui. Les Bulls vont mettre la main sur un prospect très talentueux à associer à Matas Buzelis.
Gagnant : Oklahoma City Thunder
Faut-il seulement rappeler que le Thunder, champion en titre et candidat au doublé, va drafter en 12, là où ils ont déjà déniché Jalen Williams par le passé ?
