La surprise des Knicks, Simmons le DPOY, la force d’OKC : Les 5 enseignements de la semaine

De Ben Simmons à Lonzo Ball en passant par Seth Curry ou les New York Knicks, nos cinq enseignements d'une semaine de basket NBA.

La surprise des Knicks, Simmons le DPOY, la force d’OKC : Les 5 enseignements de la semaine

Ben Simmons, le matériel d’un DPOY en puissance

Damian Lillard a marqué 30 points et les Portland Trail Blazers ont battu les Philadelphia Sixers hier soir. Mais ne vous fiez ni au résultat, ni à son compteur. Parce que le meneur All-Star a souffert. Malmené par un homme. Ben Simmons. L’Australien a défendu sur lui avec brio dans le money time – tout ça pour voir Carmelo Anthony détruire son équipe de loin. Carmelo Anthony en mode vintage, vous voulez une leçon de clutchitude ? C’est par ici ! Mais même la défaite ne doit pas faire oublier la prestation de Simmons dans ce money time. Quelque part, c’était de l’art. Celui de la défense dure sur l’homme. Sans faire de faute. Les anciens joueurs NBA répètent souvent qu’il est devenu impossible de contenir un attaquant créatif maintenant que le « hand cheking » est interdit. En plusieurs possessions, l’ailier All-Star a prouvé que c’était encore tout à fait réalisable. C’est un vrai savoir-faire. Un mix de puissance, de vitesse, de latéralité, de QI basket, aussi. Simmons est impérial dans ses déplacements, jamais en retard, tout en imposant un vrai défi physique. Contrairement à de nombreuses équipes, les Sixers n’ont pas eu besoin de faire prise-à-deux pour ralentir Lillard. Ils ont juste envoyé leur stoppeur en chef. Et le meneur a été limité à 6 sur 21 aux tirs. https://twitter.com/NinjaBands/status/1360073297174667265 Un traitement que le premier choix de la draft 2016 ne réserve pas qu’à Lillard. Il part en mission sur toutes les stars adverses. Et souvent avec beaucoup de réussite. Ses performances défensives sont dignes d’un lauréat du trophée de DPOY. Vraiment. Et elles devraient contribuer à revoir le jugement de chacun sur Simmons. https://twitter.com/TMon_19/status/1360071580609634305 Ses lacunes aux tirs sont constamment mises en avant et à juste titre. Mais ses aptitudes de l’autre côté du terrain sont incroyables. Quasiment unique dans cette ligue. Un athlète de 211 centimètres et quasiment 110 kilos de muscles. Un monstre physique. Il a le potentiel pour s’affirmer comme LA référence défensive pendant des années. https://twitter.com/Harrison_Grimm/status/1360101030722166785 Si James Harden était souvent moqué pour sa défense, alors il faudrait que ça marche aussi dans l’autre sens. Un joueur comme Ben Simmons doit être reconnu à sa juste valeur grâce à son engagement et sa tendance à ralentir les meilleurs attaquants adverses.

Lonzo Ball, l'autre baller chez les Balls

LaMelo Ball fait sensation depuis le début de la saison, et encore plus depuis qu’il est passé dans le cinq majeur des Charlotte Hornets. Au point d’être parfois considéré comme meilleur que son frère, Lonzo Ball, drafté trois ans avant lui. Melo semble effectivement promis à devenir une star dans cette ligue et ses performances feraient presque oublier… celles de son frangin. Parce qu’il n’est pas le seul Ball qui a du ballon (…). Encore moins le seul à briller en ce moment. Sans faire de bruit, Zo réalise pour l’instant sa meilleure saison en carrière. Et il monte doucement en puissance, même si c’est difficilement comparable aux débuts canons du rookie des frelons. Le meneur des New Orleans Pelicans affiche 13,9 points de moyenne, deux de plus que l’an dernier. Il prend moins de rebonds (4,4) et distribue moins de passes décisives (4,7) mais ses pourcentages sont en hausse : 42% dans le champ et 37% à trois-points pour le deuxième exercice de suite. Surtout, plus important encore, son différentiel est positif (+55) malgré les déboires de sa franchise depuis la reprise. https://www.youtube.com/watch?v=J95tn3TsOS0 En fait, Lonzo Ball, sans être en voie de s’affirmer comme un All-Star, confirme qu’il est déjà un joueur intéressant et impactant en NBA. Sa mécanique, si souvent moquée, a été grandement corrigée. C’est beaucoup plus aligné et il ne devrait que continuer à gagner en efficacité. C’est assez propre même. Et ça se ressent… sur la ligne des lancers-francs. Il y converti 74% de ses tentatives. Alors qu’il n’avait jamais dépassé le plateau des 56% jusqu’à présent… Il est même sur la pente ascendante. Il tourne par exemple à 18 points, 50% aux tirs, 52% derrière l’arc, 89% aux lancers, 6,6 rebonds et 4,2 passes sur les cinq derniers matches. Une période encore trop faible pour vraiment faire figure de constat. Surtout que ce n’est pas la première fois que le jeune homme connaît un bon passage. Il en a d’autres, souvent avant de se blesser et de rentrer dans le rang. Mais les progrès sont certains. Il lui manque du punch et un côté aérien – là où son frère est justement plus fort et plus à l’aise – pour porter une équipe en attaque. Mais c’est un joueur de complément très intéressant autour de Zion Williamson et Brandon Ingram. Un meneur altruiste, grande, avec une vraie bonne vision du jeu, et pas un mauvais défenseur. Son nom circulait dans les rumeurs récemment mais les Pelicans ont tout intérêt à le garder. Lonzo Ball, sa réponse aux rumeurs d'un départ des Pelicans

Le Thunder, le meilleur centre de formation en NBA

Les vingt-neuf autres franchises de la ligue devraient voir d’un très mauvais œil les innombrables choix de draft qui reviendront au Oklahoma City Thunder dans les six prochaines années. Même s’ils venaient à piocher au-delà du top-10. Parce que non seulement Sam Presti choisit bien ses prospects, mais surtout parce que la franchise sait développer ses talents. C’est sa plus grande force. C’est peut-être même ça, sa culture. On l’avait déjà vu avec Kevin Durant, Russell Westbrook, James Harden, Serge Ibaka, Steven Adams et compagnie. Mais là, alors que l’organisation s’est lancé dans une vaste opération de rajeunissement, le résultat est presque encore plus impression même si l’équipe n’est plus du tout en course pour les playoffs (et quoi que !!!) et encore moins le titre. Le Thunder a déjà fait jouer quinze joueurs cette saison. Neuf d’entre eux ont moins de 25 ans. Parmi ceux-là, six tournent à plus de 7 points par match et sont des membres actifs de la rotation. Et… aucun d’entre eux n’a été sélectionné dans le top-10 de la draft. Mais ils disposent d’un staff qui les met en valeur et leur apprend à jouer de la bonne manière. Les matches d’Oklahoma City sont très plaisants. Bien sûr, ces jeunes gars font des erreurs. Mais ils essayent de faire circuler, de se battre, de ne jamais baisser la tête et de se faire plaisir. Le tout sous le regard du bienveillant et combatif Al Horford (et de George Hill, maintenant blessé). C’est fou le nombre de prospects qui finissent par s’épanouir à OKC. Luguentz Dort est un bon exemple. Sorti de nulle part ou presque, il n’est même plus seulement un défenseur. Il développe petit à petit un jeu offensif. Avec des trois-points mais aussi des drives, tout en profitant de sa puissance pour finir au cercle. Le potentiel est intrigant. Tout comme celui d’Hamidou Diallo, ex-star des lycées qui lance complètement sa carrière cette saison. 12 points par match avec même de sérieux progrès à la création ! La défense dingue de Luguentz Dort sur LeBron James, à montrer dans toutes les écoles Darius Bazley, Isaiah Roby ou Kenrich Williams (26 ans, un peu plus âgé que les autres) se révèlent eux aussi. Theo Maledon, qui lui aussi montre de belles choses depuis son arrivée en NBA, est vraiment bien tombé en débarquant au Thunder. Tout ce beau monde va grandir ensemble, avec en plus les futurs picks (qui peuvent aussi être échangés). Et au final, cette équipe est déjà compétitive. Elle vient de perdre de matches de justesse, en prolongation, contre les champions en titre. Elle affiche un bilan de 10 victoires et 14 défaites malgré une cascade de blessures – dont plusieurs matches manqués par son meilleur joueur et jeune star, Shai Gilgeous-Alexander. Le Thunder est avant-dernier à l’Ouest mais avec seulement deux succès de retard sur la huitième place de la Conférence. C’est fort. Parce qu’au final, la franchise a réussi à forger une culture qui force le respect tout en évoluant dans un petit marché. Chapeau. Et ce n’est pas fini.

L’effet Tom Thibodeau aux Knicks

Réputé pour être un coach défensif – oui double dose de défense cette semaine – Tom Thibodeau est arrivé à New York avec l’intention de former un groupe de guerriers compétitifs et solides. Franchement, ce n’était pas gagné. Parce qu’avant son arrivée, les joueurs de Manhattan figuraient dans le top-10 des plus mauvaises défenses de la ligue depuis… 2016 ! Et encore, à l’époque, ils occupaient la dix-huitième place en termes d’efficacité. Il faut remonter jusqu’à 2012 pour retrouver la trace d’une formation des Knicks classée dans le top-5. C’est la position des troupes de Thibodeau actuellement d’ailleurs. Ils sont cinquièmes en NBA avec 108 points encaissés sur 100 possessions. De vrais progrès encourageants. Ça commence par l’attitude. Visiblement, les jeunes joueurs de l’effectif adhèrent complètement au message de Thibs. Ils l’écoutent et ils s’exécutent. Il y a une forme de sérieux et de rigueur qui surprend mais qui fait vraiment plaisir à voir du côté de New York. En défendant fort, en restant solidaires et en faisant les efforts, les Knicks s’assurent de ne quasiment jamais être ridicules. Et ça, c’est une sacrée évolution dans la grosse pomme. En fait, c’est à ne vraiment pas comprendre comment et pourquoi Frank Ntilikina ne s’impose pas dans ce nouveau système. Knicks : Bradley Beal ou Victor Oladipo en approche, Frank Ntilikina bientôt libre ?

Jusqu’où Seth Curry peut-il aller ?

Bon, autant vous le dire de suite, j’ai regardé deux fois les Sixers cette semaine. D’où la double ration sur Philly, en plus de la double dose de défense. Un joueur qui m’a particulièrement séduit : Seth Curry. Ses statistiques ont chuté après son départ canon – stoppé net par un test positif au COVID-19 – mais le frère de Stephen est parti pour faire la meilleure saison de sa carrière. Il tourne à 13 points par match avec des pourcentages affolants : 50% de réussite aux tirs, 50% de réussite à trois-points et 100% aux lancers-francs. Il n’est pas aussi fort que son frangin en sortie de dribbles et ne balance pas les mêmes bombes de loin mais il y a peu de joueurs aussi efficaces que Seth en post-up. Mais ça, on le savait déjà.   https://www.youtube.com/watch?v=0vZj8WoO_dM   Ce que je trouve intéressant, c’est justement l’évolution autour. Les drives vers le cercle, les tirs à mi-distance après pick-and-roll, les pull-ups. Les armes d’une star NBA. Alors, bien sûr, il est encore timide dans ce domaine. Déjà parce que ce n’est pas son rôle. Curry évolue avec deux superstars, dont le pivot le plus dominant de la ligue. Il ne peut pas se permettre de croquer les possessions. Mais il est à l’aise quand la situation l’exige. Seth a déjà 30 ans et il ne va pas franchir de gros paliers d’ici la fin de sa carrière. Mais comme son MVP de frère, il pourrait continuer à se développer sur le tard. Peut-être en s’affirmant de plus en plus comme un danger balle en main. Une troisième option offensive à 17-18 points par match. Seth Curry fait une saison de malade et frappe à la porte des grands