Pourquoi Wembanyama ne doit pas revenir trop vite selon un spécialiste en neurosciences

Malgré des progrès, Victor Wembanyama s’expose à des risques importants s’il revient trop tôt après sa commotion.

Pourquoi Wembanyama ne doit pas revenir trop vite selon un spécialiste en neurosciences

Après sa commotion, Victor Wembanyama a repris une activité légère et pourrait théoriquement revenir rapidement. Mais derrière cette évolution encourageante, les spécialistes appellent à une grande prudence. En cause notamment, un risque accru de blessure chez les joueurs ayant été victimes de commotion.

Dans un excellent article de Tom Haberstroh, le neuroscientifique Chris Nowinski, référence sur les traumatismes crâniens, n’a pas hésité à qualifier la chute du Français de « commotion violente », évoquant un impact marqué de la tête sur le parquet et plusieurs signes inquiétants immédiatement après l’action.

Parmi eux, une difficulté à se relever et une perte d’équilibre, deux indicateurs typiques d’une atteinte neurologique significative.

Le piège du délai des 48 heures

Dans le protocole NBA, un joueur ne peut pas rejouer avant un délai minimum de 48 heures et doit valider une série de tests cognitifs.

Mais selon Chris Nowinski, ce seuil est loin d’être une garantie scientifique.

« Il n’y a rien de magique qui se passe entre 47 et 49 heures après une commotion », explique-t-il en substance. Ce délai correspond davantage au rythme des matches NBA qu’à une véritable logique médicale.

Contrairement à la NFL, où le protocole demande au joueur blessé de franchir cinq étapes, la NBA autorise parfois des retours plus rapides, ce qui peut exposer les joueurs à des risques mal évalués.

Un danger invisible : les symptômes retardés

L’un des principaux dangers des commotions réside dans leur évolution.

Les symptômes peuvent apparaître plusieurs heures, voire plusieurs jours après le choc. Un joueur peut sembler aller bien dans l’immédiat… avant de voir son état se dégrader.

Des cas passés, comme celui de Klay Thompson en 2015, illustrent cette réalité. Le joueur n’avait pas été diagnostiqué immédiatement, avant de ressentir des effets importants (étourdissements et vomissements) plus tard dans la soirée.

Un risque accru de nouvelles blessures

Surtout, revenir trop tôt présente d’autres risques.

Selon une étude citée dans l’article, les joueurs NBA ayant subi une commotion présentent près de cinq fois plus de risques de se blesser par la suite, particulièrement des blessures à la jambe. En cause, des déficits difficiles à percevoir comme un temps de réaction légèrement ralenti ou un équilibre altéré.

Pour un joueur comme Victor Wembanyama, dont le jeu repose sur la coordination et la mobilité dans des espaces réduits, ces paramètres peuvent devenir déterminants. Une mauvaise perception ou un appui mal ajusté peut rapidement conduire à une entorse de la cheville ou une élongation du mollet.

Une pression forte… mais un enjeu à long terme

Le contexte des playoffs ajoute une pression évidente. À 22 ans, Victor Wembanyama dispute sa première campagne et pourrait être tenté d’accélérer son retour. Mais les spécialistes insistent sur la nécessité de penser à long terme.

« Faire rejouer une superstar quelques jours après une vraie commotion est une décision très court-termiste », estime Nowinski.

Le risque le plus rare mais aussi le plus grave reste celui d’un second choc rapproché, pouvant entraîner un « syndrome de second impact », avec des conséquences potentiellement dramatiques.

Une tendance qui invite à la prudence

Les données récentes vont dans le même sens. En moyenne, une commotion entraîne environ une semaine d’absence en NBA, parfois davantage. Un retour en deux ou trois jours reste donc inhabituel.

Dans ce contexte, même si Victor Wembanyama progresse, la question dépasse largement celle du Game 3. L’enjeu n’est pas seulement de savoir quand il peut rejouer, mais dans quelles conditions il peut le faire sans compromettre les prochaines semaines, voire la suite de sa carrière.

Les Spurs peuvent-ils gagner un match de playoffs sans Victor Wembanyama ?

Faut pas non plus prendre les médecin dans la NBa pour des manches, ils savent ce qu'ils font et ils savent qu'il faut pas prendre de risque avec Wemby.
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