Westbrook, vous n’aurez pas sa liberté de penser

Cette nuit, Russell Westbrook a fait du Russell Westbrook. Il a foncé dans le tas, couru dans tous les sens et sauté un peu partout. Il a surtout donné le ton pour le Thunder. A sa manière, comme d'habitude.

Y’a-t-il une superstar NBA qui soulève autant d’interrogations, de remises en question, et de jugements que Russell Westbrook ? Après chaque bon match, le meneur du Thunder est encensé. Après une défaite, il est jeté au bûché. Ainsi est Russell Westbrook. Un meneur qui n’en est pas un, une pile électrique capable de faire exploser l’adversaire… ou sa propre équipe. Un joueur très talentueux qui agace. Un phénomène athlétique qui ne laisse pas indifférent. A chaque match du Thunder, on assiste aux mêmes scènes. Sur Twitter, les fans et les journalistes descendent « RW » à la moindre mauvaise décision – et il y en a parfois beaucoup. Lorsque la star d’Oklahoma City fait la différence, tout le monde s’empresse de vanter ses qualités. Ainsi est le paradoxe Westbrook. Capable du meilleur comme du pire quand tout le monde aimerait le voir se contenter du meilleur. Cette nuit, nous avons eu le droit à un grand Russell Westbrook. Il est devenu le cinquième joueur de l’histoire de la ligue à cumuler un triple double (27 points à 10/16, 10 rebonds, 16 passes décisives mais aussi 7 balles perdues) lors d’une septième manche de playoffs. Les autres noms ? Jerry West, Larry Bird, James Worthy et Scottie Pippen. Que des Hall Of Famers.
« Russ a donné le ton », résumait Reggie Jackson.
Kevin Durant est le meilleur joueur du Thunder, l’un des deux meilleurs du monde et il est accessoirement l’un des attaquants les plus prolifiques de l’histoire de la NBA. Mais Russell Westbrook est le symbole d’Oklahoma City. Il joue avec passion, énergie, folie. Des caractéristiques qui correspondent bien au jeu du Thunder. Cette nuit, le meneur supersonique d’OKC n’a pas changé son jeu. Il est resté fidèle à lui-même. Mais il a effectivement gommé (enfin, diront certains) certain aspect agaçant de sa panoplie. Il a par exemple compris qu’une possession durait 24 secondes.
« J’ai pris beaucoup trop de tirs en sortie d’écran lors des derniers matches. C’est ce que souhaitait Memphis. J’ai étudié les bandes vidéo et j’ai corrigé ça. »
L’ancien prodige de UCLA a fait parler son dynamisme et son explosivité cette nuit. Simplement, il a travaillé pour les autres. Comme à son habitude, « RW » a monopolisé le ballon et il a agressé en permanence la défense du Grizzlies. Il a ainsi attiré l’attention sur lui avant de ressortir la gonfle sur les shooteurs démarqués. Comme le souligne justement The Oklahoman, le Thunder n’avait converti que 38 de ses 133 dernières tentatives à trois-points. Hier soir, les hommes de Scott Brooks ont terminé la partie avec 18 paniers inscrits derrière l’arc, en 40 tentatives. 8 de ces 18 tirs sont à l’origine d’une passe décisive de Russell Westbrook…
« Quand il joue comme ça, tout est plus ouvert, notamment pour ‘KD’ », explique Caron Butler.   « Russell a montré le chemin à suivre. Tous les paniers à trois-points que j’ai inscrit était grand ouvert et c’est lui qui m’a mis en bonne position à chaque fois », ajoute Kevin Durant, auteur de 5 paniers primés (en 5 tentatives) cette nuit.
La connexion Kevin Durant – Russell Westbrook a fait des ravages hier soir. Critiquées depuis le début des playoffs, les deux stars ont su hausser leur niveau de jeu au moment le plus important. Concéder sept manches aux Memphis Grizzlies est tout sauf honteux, il ne faut pas le perdre de vue. Un jour, le Thunder sera peut-être trop petit pour les deux stars. Peut-être (sans doute) auront-elles besoin de diriger chacune leur propre équipe. Mais en attendant, laissons Russell Westbrook faire du Russell Westbrook. Après tout, ça marche, non ?

Les highlights de Russell Westbrook

[youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=B389KOWbzXo[/youtube]