Alors que la NBA n’a jamais autant reposé sur le tir extérieur, Steve Kerr a ouvert un débat inattendu.
Dans un entretien accordé au New Yorker, le coach des Golden State Warriors a évoqué une idée forte : repenser en profondeur l’impact de la ligne à trois points.
« Je considérerais même supprimer la ligne à trois points »
Interrogé sur la pertinence d'une ligne à quatre points pour remettre de la variété dans le jeu, Steve Kerr est allé dans l'autre direction :
« Je ne mettrais jamais de tir à quatre points. En fait, je réfléchirais même à supprimer la ligne à trois points. Je pense que le jeu, tel qu’il a été conçu, vise à créer les meilleurs tirs possibles. C’est pour ça qu’au début, on cherchait à jouer à l’intérieur. La ligne à trois points vient de l’ABA en 1979 et elle a été très efficace.
C’est une action excitante, mais la révolution analytique a créé une situation étrange où l’on sait exactement où se trouvent les tirs les plus efficaces : les layups et les tirs à trois points dans le corner, parce qu’ils sont à 6,70 m et non à 7,23 m comme au-dessus de la raquette. »
Une analyse qui met en lumière l’évolution récente du jeu, dominé par l’optimisation statistique.
Une critique de l’uniformisation du jeu
Le technicien va plus loin en pointant un déséquilibre.
« Il y a toute une zone entre ces espaces qui devient une sorte de no man’s land. Si vous prenez aujourd’hui un tir à 6,70 m en tête de raquette, c’est considéré comme un très mauvais tir. Je me demande, sans savoir si ça fonctionnerait, si supprimer la ligne à trois points ne permettrait pas de diversifier les façons de jouer et de créer des solutions plus créatives. »
À travers cette réflexion, Steve Kerr ne propose pas une réforme immédiate, mais questionne la direction prise par le basket moderne.
Un paradoxe pour un coach emblématique du tir extérieur
Cette prise de position n’est pas anodine. Sous la direction de Steve Kerr, les Golden State Warriors ont largement contribué à populariser l’usage massif du tir à trois points, notamment avec Stephen Curry.
C’est donc depuis l’intérieur même de cette révolution que Kerr en souligne aujourd’hui les limites. Ce n’est pas sans rappeler Greg Popovich qui a souvent affirmé ne pas aimer l’existence de ces tirs primés. Tout en les utilisant, évidemment.
Une réflexion ouverte, sans solution arrêtée
Le coach insiste d’ailleurs sur le caractère hypothétique de son idée. Il ne s’agit pas d’une proposition concrète, mais d’un moyen d’interroger la manière dont le jeu s’est structuré autour de l’efficacité pure.
Dans une NBA où l’analytique dicte de plus en plus les choix offensifs, la question posée par Steve Kerr est simple : le basket peut-il encore surprendre… ou est-il devenu trop prévisible ?
Pour l’après-Kerr, les Warriors hésitent entre un coach classique et… un ancien joueur

Le temps de préparation pendant les playoffs permet aux coachs de faire un travail visible immédiatement pour, justement, être moins prévisible pour l'adversaire.
J'imagine que la prochaine évolution majeure sera dûe à un changement dans les règles du jeu ou dans l'interprétation de celles existantes via l'arbitrage.