Minnesota remporte le choc, une légende tire sa révérence

Voici ce qu’il fallait retenir des deux matches de la nuit et de l’actualité hors terrain en WNBA.

Minnesota remporte le choc, une légende tire sa révérence

Seulement deux matches au programme cette nuit en WNBA, mais pas mal de choses à raconter autour. Minnesota a rappelé pourquoi il reste l’équipe à battre en dominant Golden State, malgré une belle sortie de Janelle Salaün. Washington a de son côté poursuivi son excellente dynamique à domicile face à Toronto. Hors des parquets, la journée a surtout été marquée par deux annonces importantes : la future retraite de Nneka Ogwumike et la fin prématurée de la saison rookie d’Azzi Fudd.

Les Lynx restent les patronnes, Salaün meilleure marqueuse des Valkyries

Les Minnesota Lynx ont encore fait sentir à Golden State qu’un petit écart subsistait entre une excellente équipe et la référence de la ligue. Victoire 77-66 pour les Lynx, qui passent à 30-7 et ont mené de bout en bout, avec jusqu’à 22 points d’avance.

Le plus impressionnant reste sans doute la manière dont Minnesota a étouffé son adversaire. Les Golden State Valkyries ont terminé à 32% au tir et surtout à un très vilain 7/37 à trois points. Elles ont bien tenté de revenir dans le quatrième quart-temps, mais elles étaient parties de beaucoup trop loin.

Olivia Miles a été excellente avec 20 points à 8/10, 7 passes, 5 rebonds, 2 interceptions et 2 contres en seulement 30 minutes. Seule ombre au tableau : elle s’est blessée à la cheville gauche dans le quatrième quart-temps et n’est pas revenue. À surveiller, forcément, même si Minnesota a aujourd’hui suffisamment d’avance et de profondeur pour ne pas avoir besoin de prendre le moindre risque.

Kayla McBride a ajouté 20 points et Napheesa Collier 18 points et 8 rebonds. Le genre de match où les Lynx n’ont pas eu besoin d’être flamboyantes pendant 40 minutes pour conserver tranquillement le contrôle.

Peyton Watson à Cleveland, c’est fait !

Côté français, la meilleure nouvelle vient de Janelle Salaün. Sortie du banc, elle termine tout simplement meilleure marqueuse de Golden State avec 15 points, 6 rebonds et 3 passes en 24 minutes, à 6/12 au tir et 2/5 derrière l’arc. Une sortie très propre, dans un match où quasiment tout le monde a galéré offensivement chez les Valkyries.

Gabby Williams a connu une soirée beaucoup plus compliquée avec 10 points, 2 passes et 2 interceptions, mais seulement 4/15 au tir et 1/7 à trois points. Golden State reste malgré tout solidement installé dans le haut de la ligue à 25-10. Minnesota, en revanche, continue de donner l’impression d’avoir une petite marge sur tout le monde.

Washington enfonce encore Toronto

Dans l’autre match de la nuit, les Washington Mystics ont battu le Toronto Tempo 93-82. C’est la quatrième victoire de Washington en quatre confrontations cette saison face à la franchise canadienne, et la huitième consécutive des Mystics à domicile.

Le match s’est essentiellement joué dans le deuxième quart-temps, remporté 22-9 par Washington. Toronto n’a ensuite jamais vraiment réussi à revenir à hauteur, malgré un effectif diminué et quelques bonnes performances individuelles.

Kiki Iriafen continue notamment son excellente saison avec 21 points et 13 rebonds à 8/12. Shakira Austin ajoute un double-double avec 11 points et 10 rebonds, alors que Sonia Citron a livré un match extrêmement complet : 13 points, 5 rebonds et 6 passes.

Toronto était notamment privé de plusieurs joueuses importantes et s’est présenté avec une rotation bricolée. Kiki Rice termine meilleure marqueuse du Tempo avec 19 points.

Pour Julie Allemand, soirée discrète avec 4 points, 4 passes et 3 rebonds en 26 minutes. Ornella Bankolé a profité de ses 15 minutes pour inscrire 5 points à 2/2 au tir. Toronto tombe à 10-25 et enchaîne désormais une douzième défaite consécutive.

Nneka Ogwumike, une légende annonce la fin

La grosse nouvelle de la journée est évidemment celle de la retraite de Nneka Ogwumike. La joueuse des Los Angeles Sparks a annoncé que cette saison 2026 serait sa dernière en WNBA. Elle raccrochera donc après 15 saisons, dont 13 sous le maillot des Sparks, avec un passage de deux ans par Seattle entre les deux.

Il n’y a pas franchement de débat sur le statut de la joueuse. Numéro 1 de la Draft 2012, Rookie of the Year dès sa première saison, MVP et championne WNBA en 2016, 11 fois All-Star, huit fois All-WNBA et sept fois All-Defensive, Ogwumike figurait déjà dans le W25 établi pour les 25 ans de la ligue. Lorsque la WNBA recommencera à établir ce genre de liste pour ses 30, 35 ou 40 ans, elle sera toujours là.

Elle est actuellement quatrième meilleure marqueuse de l’histoire de la WNBA et troisième au nombre de rebonds. À titre personnel, je la place sans problème dans un top 25 all-time. Probablement même plus haut selon les critères utilisés.

Ce qui rend la fin de sa carrière particulièrement belle, c’est que pendant un temps je n’étais vraiment pas certain qu’on reverrait Ogwumike aussi forte. Son investissement en tant que présidente du syndicat des joueuses lui a demandé énormément d’énergie, notamment autour du CBA de 2020 puis de la saison disputée dans la bulle.

Elle avait raconté à quel point cette période l’avait vidée physiquement et mentalement. Entre les négociations, les réunions permanentes et le basket, elle avait terminé la saison 2020 complètement épuisée. Une migraine qui avait duré sept jours, accompagnée notamment de troubles de la vision, l’avait même empêchée de disputer le match de playoffs des Sparks. Elle avait ensuite expliqué avoir compris trop tard qu’elle ne pouvait pas continuellement donner aux autres sans se préserver elle-même.

La suite est justement assez admirable. Alors qu’on pouvait croire qu’elle entrait doucement dans la dernière partie de sa carrière, Ogwumike a retrouvé un niveau extraordinaire. Elle a enchaîné les saisons de très haut niveau à Los Angeles, a encore été très productive pendant ses deux années avec le Seattle Storm, puis est revenue cette année aux Sparks pour boucler la boucle. À 36 ans, elle tourne encore à 16,9 points et 8,7 rebonds. On a vu des fins de carrière beaucoup plus symboliques.

Son importance dépasse de toute façon largement ses statistiques. Présidente de la WNBPA depuis 2016, elle a été au cœur de deux périodes de négociations majeures. Le CBA signé en 2020 avait déjà représenté une avancée considérable en matière de salaires, de maternité, de conditions de travail et de protections accordées aux joueuses. Celui négocié ces derniers mois intervient dans une WNBA économiquement métamorphosée. Nneka Ogwumike aura été l’un des visages de cette transformation.

Sa carrière internationale restera paradoxalement moins marquante. Elle a remporté les Coupes du monde 2014 et 2018 avec Team USA, mais n’a jamais participé aux Jeux Olympiques. Non retenue pour Tokyo en 2021, elle avait tenté de rejoindre le Nigeria, pays d’origine de ses parents et dont elle possède également la nationalité. USA Basketball avait donné son accord, mais la FIBA avait refusé en raison de son implication de longue date avec la sélection américaine.

Une drôle d’anomalie pour une joueuse de ce niveau. Sa carrière WNBA, elle, ne laisse aucune place au doute. Après Sue Bird, Sylvia Fowles, Diana Taurasi et quelques autres monuments de la génération précédente, une autre figure majeure de la ligue s’apprête à s’en aller. Un peu plus jeune, et encore suffisamment forte pour que son départ semble presque prématuré.

Azzi Fudd, saison rookie terminée et Dallas sous pression

Autre annonce nettement moins réjouissante : la saison d’Azzi Fudd est terminée. La numéro 1 de la Draft 2026 va subir une arthroscopie du genou droit la semaine prochaine dans le Connecticut afin de traiter les douleurs qui la gênent depuis plusieurs semaines.

Fudd n’a plus joué depuis le 5 août et les Dallas Wings ont décidé qu’il n’y avait aucun intérêt à insister. L’intervention doit permettre de régler le problème avant d’entamer immédiatement la rééducation et de préparer la saison prochaine dans les meilleures conditions.

Compte tenu de son historique, la prudence semble assez logique. Fudd avait déjà subi une rupture du ligament croisé antérieur et du ligament latéral interne de ce genou lorsqu’elle était au lycée. À UConn, elle avait ensuite quasiment perdu toute la saison 2023-2024 après une nouvelle rupture du ligament croisé accompagnée d’une lésion du ménisque.

Sa première saison professionnelle s’achève donc après 30 matches à 13,1 points, 1,8 passe, 1,7 rebond et 1,7 interception de moyenne. Fudd est notamment la meilleure rookie de la ligue aux interceptions, deuxième aux contres et troisième aux points. Sans être une saison rookie complètement folle, il y avait déjà largement de quoi être satisfait de son adaptation.

Le vrai problème est désormais celui des Dallas Wings. Dallas est à 20-16 et occupe actuellement la huitième place du classement général. Les playoffs restent donc tout à fait accessibles, mais leurs ambitions prennent forcément un coup. Fudd apportait du spacing, de la création et surtout une menace extérieure dont les Wings vont manquer dans les matches qui comptent.

Ça signifie aussi encore davantage de responsabilités pour Paige Bueckers. Dallas avait réussi à réunir les deux anciennes partenaires de UConn et pouvait commencer à construire son avenir autour de ce duo. Pour la suite, rien ne change : si Fudd revient en bonne santé, leur association reste l’une des choses les plus excitantes du projet texan. À court terme, en revanche, Bueckers va devoir porter une part encore plus importante de l’attaque.

Avec le passé médical de Fudd, personne ne pourra vraiment reprocher aux Wings de privilégier 2027 plutôt que de tenter de grappiller quelques semaines supplémentaires en 2026. C’est frustrant pour une équipe encore engagée dans la course aux playoffs, mais sans doute le choix raisonnable.