Dossier : Quel avenir pour Anthony Davis ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Basketteur superstar de sa génération, Anthony Davis s’apprête à bouleverser le paysage NBA avec un changement de franchise qui s’annonce inévitable.

En décembre dernier nous avions consacré une semaine complète à Anthony Davis en nous focalisant sur son avenir. Des articles pleinement d'actualité après la demande de transfert formulée par la superstar à ses dirigeants. Nous avions mis en avant les différentes offres que les principales franchises - Lakers, Celtics - pouvaient formuler. On se replonge donc dedans. 

Anthony Davis, condamné à quitter les Pelicans

Nous dévions poser une question. Le titre, il se voulait moins affirmatif : et si Anthony Davis était condamné à quitter les New Orleans Pelicans ? Puis nous avons voulu prendre position. Parce que c’est (un peu) plus risqué et donc plus drôle. Parce que nous ne sommes pas neutres. Parce que nous pensons réellement que l’intérieur All-Star va, d’une manière ou d’une autre, quitter sa franchise actuelle. Et parce que son transfert – ou son départ via la Free Agency – peut avoir d’importantes répercussions sur la ligue dans les années à venir.

Déjà, comprenons qui est A.D. Si les passionnés de NBA ne nient absolument pas le talent du bonhomme, nous avons le sentiment qu’il n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. S’il jouait pour une meilleure équipe, un candidat au titre par exemple, il serait probablement considéré comme l’un des trois meilleurs joueurs du championnat. Peut-être même plus fort encore que Stephen Curry ou Kevin Durant (honnêtement, nous le placerions en quatrième position à l’heure actuelle, derrière LeBron James et les deux superstars des Golden State Warriors mais devant Kawhi Leonard, Giannis Antetokounmpo ou James Harden).

Anthony Davis est un Kevin Garnett des temps modernes, sachant que KG était justement lui aussi en avance sur son époque. C’est un intérieur qui sait tout faire sur un terrain de basket. Un défenseur d’impact, candidat au DPOY, et une machine impossible à arrêter en attaque. Il est potentiellement plus doué que Garnett. Potentiellement. C’est en tout cas un monstre statistique qui pointe à 28 points à 50% aux tirs, 32% à trois-points, 12,4 rebonds, 4,7 passes, 1,7 steal et 2,8 blocks par match. Des chiffres que seules les légendes Kareem Abdul-Jabbar et Wilt Chamberlain ont un jour aligné en NBA.

Mais Davis, justement, ne veut pas finir comme KG. Il l’a lui-même confié à Rachel Nichols lorsque la journaliste ESPN l’a questionné à ce sujet l’an dernier. Nichols a évoqué le cas Garnett et le fait qu’il avait sans doute demandé son transfert des Minnesota Timberwolves trop tard. Le jeune homme a alors été brutalement honnête.

« Ça fait réfléchir. Je ne vais pas vous mentir, ça fait réfléchir parce que vous finissez par vous demander si vous n'êtes pas en train de suivre la même voie. Puis ensuite vous vous dites que cette année, cette fois, c'est la bonne. Vous ne savez pas. Il faut voir saison par saison la direction que prend l'équipe. »

C’était il y a un an. La comparaison avec le « Big Ticket » ne s’arrête pas là. Les New Orleans Pelicans ressemblent malheureusement un peu trop aux Minnesota Timberwolves de l’époque KG. Une belle équipe, certes, portée par un joueur incroyable mais trop seul pour satisfaire les ambitions liées à son talent. Garnett a longtemps eu Wally Szczerbiak comme seul coéquipier All-Star. Et encore, l’arrière tireur d’élite n’a été sélectionné qu’une seule fois. Aujourd’hui, Davis est épaulé par le très bon Jrue Holiday, invité une fois au match des étoiles en dix ans de carrière.

Garnett a été sorti au premier tour sept fois de suite afin d’obtenir du renfort et d’atteindre les finales de Conférence. Un coup d’essai puis plus rien. Jusqu’à ce qu’il finisse par être transféré aux Boston Celtics, où il a gagné le seul titre de sa carrière. Mais il avait déjà passé la trentaine à ce moment-là. Davis va fêter ses 26 ans. Il ne veut plus attendre. New Orleans, comme Minneapolis, souffre de son manque d’exposition. C’est un petit marché qui n’attire pas les principaux free agents – les vrais gros poissons – malgré la présence du premier choix de la draft 2012.

Les Pelicans, comme les Wolves, sacrifient chaque année tous leurs plans sur le long terme pour essayer de trouver du soutien à leur champion. Cela passe par des échanges de picks et, malheureusement, souvent des mauvais choix effectués dans la panique. Parce que le temps passe. Et la pression est de plus en plus forte. Cela fait déjà plusieurs années que l’organisation mène une course contre-la-montre pour éviter de perdre « Unibrow ». Et le moment approche de plus en plus. Encore une fois, il paraît inévitable.

Les dirigeants ont beau essayer de renforcer l’effectif, et franchement, ils ont fait quelques jolis coups, ils auront du mal à se mêler à la lutte pour le titre. New Orleans part de trop loin. Le Front Office a essayé de récupérer Jimmy Butler mais les Timberwolves (tiens, tiens) ont demandé Holiday en échange. La franchise n’a tout simplement pas les assets nécessaires pour récupérer une deuxième star lors d’un transfert.

Ce qui devrait, à terme, pousser Anthony Davis vers la sortie. Il fait partie de ces joueurs qui ne vibrent pas pour un second tour de playoffs. Il aspire à plus. Et il n’a jamais caché son attrait pour les « super teams » de la NBA. Lui, les associations de stars, ça ne le choque pas. Il a partagé la gonfle avec Michael Kidd-Gilchrist, Marquis Teague, Doron Lamb, Terrence Jones et Darius Miller à la faculté de Kentucky. Si aucun de ces noms ne fait rêver aujourd’hui – ils sont tout de même tous passés en NBA et certains y sont encore – cette équipe avait des allures de « Dream Team » à l’échelon universitaire. Elle a d’ailleurs remporté le titre avec un Davis qui s’est fondu dans le collectif alors qu’il était bien plus fort que ses camarades.

Il a le jeu – c’est un finisseur qui n’a pas besoin de toucher longtemps la balle pour marquer – et la personnalité pour se sentir à l’aise au sein d’un effectif chargé en superstars. Il le sait et il l’avoue. Les Los Angeles Lakers et les Boston Celtics feraient d’ailleurs figures de destinations préférentielles pour l’ailier-fort. Un point que nous allons développer dans la suite de ce dossier. Les Golden State Warriors sont aussi sur les rangs, et ce depuis des années. En fait, tous les principaux candidats au titre gardent un œil sur lui parce qu’il apparaît évident aux yeux de tous qu’il va finir par quitter la Louisiane.

Le seul vrai avantage des Pelicans repose sur l’extension au super max que la franchise est la seule à pouvoir proposer. Un contrat à hauteur de 235 millions de dollars sur cinq ans. Une sacrée somme pour un joueur aussi souvent blessé. Seulement voilà, Zach Lowe et Adrian Wojnarowski, les deux sources les plus fiables du milieu, sont persuadés qu’il va refuser cette proposition. S’il venait à effectivement recaler cette offre, ses intentions sembleront de plus en plus claires. Et les dirigeants devront faire un choix : conserver leur joueur quitte à le perdre sans contrepartie ou l’échanger un an avant l’expiration de son contrat.

Anthony Davis dispose d’une option pour tester le marché dès 2020. Le compte à rebours commence donc dès maintenant. Ou dès cet été. Il peut très bien forcer la main de ses employeurs en menaçant de partir en juillet 2020. C’est ainsi que Kyrie Irving, Paul George, Kawhi Leonard ou encore Jimmy Butler ont obtenu leur transfert. Tous évoluent aujourd’hui parmi l’une des cinq ou six meilleures équipes de la ligue. En revanche, rien ne dit qu’il finira alors aux Lakers ou aux Celtics. Il pourra donner ses préférences mais nous avons bien vu avec les cas précédents que la franchise qui cède sa superstar choisit d’abord évidemment l’offre qui correspond le mieux aux besoins du club.

Pour les Pelicans, un transfert constitue un moyen pour obtenir suffisamment d’atouts en échange pour amorcer une reconstruction. C’est ce que les Timberwolves ont fait en sacrifiant Kevin Garnett à l’été 2007, ce qui n’avait pas empêché l’organisation de ne retrouver les playoffs que dix ans après le transfert. KG, en revanche, avait gagné sa première (et unique) bague quelques mois après son départ… le modèle à suivre pour Davis.

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