Toronto croit toujours en Pascal Siakam, mais le temps presse

Toronto croit toujours en Pascal Siakam, mais le temps presse

Pascal Siakam n'est que l'ombre de lui-même dans ces playoffs. Il lui reste un match, au moins, pour redevenir l'homme fort des Raptors.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Les Toronto Raptors sont toujours en vie, mais ce n'est pas grâce à Pascal Siakam. L'énoncé peut paraître dur, mais le Camerounais est tellement fort depuis un an que ses contre-performances ne passent pas inaperçues. En devenant une star en NBA et l'un des moteurs de l'équipe championne en titre, "Spicy-P" s'est attiré un degré d'exigence élevé. Il ne peut pas traverser les playoffs dans la difficulté comme si de rien n'était. La nuit dernière, lors du game 6 remporté au terme d'un thriller par son équipe, ce sont Kyle Lowry, Norman Powell et OG Anunoby qui ont joué les héros. Pascal Siakam, lui, n'a pas réussi à sortir de la torpeur dans laquelle il se trouve depuis son entrée dans la bulle floridienne.

Le MIP 2019 a passé 54 minutes sur le parquet au gré de deux prolongations, pour 12 points (à 5/19), 8 rebonds, 6 passes et 3 pertes de balle. Les stats ne font pas tout et on a vu plus d'un joueur renverser un match sans noircir la feuille. Sauf que Siakam n'est plus un role player dont on attend un coup de chaud sur 10 minutes. Depuis le départ de Kawhi Leonard, il est le go-to-guy des Raptors et il avait jusque-là parfaitement réussi à endosser ce costume. Ce n'est pas pour rien qu'il avait été sélectionné pour son premier All-Star Game en février, ni qu'il figurait un temps dans les top 10 des classements hypothétiques pour le MVP.

Norman Powell, le facteur X super clutch des Raptors

Malheureusement, dans cette série contre Boston, qui se jouera donc en 7 matches, on ne retrouve pas le joueur intense et plein de confiance en lui et en ses moyens. Pascal Siakam ne se tourne pas les pouces sur le terrain, loin de là. Simplement, on le croirait revenu au palier précédent et dans l'incapacité d'impacter efficacement des rencontres de ce niveau.

Défensivement, là où il exprimait le mieux ses qualités lorsque Toronto a commencé à lui faire prendre du galon, il est beaucoup moins tranchant et inspiré. En attaque, là où il sanctionnait systématiquement l'opposition, de près ou de loin, ça ne veut plus rentrer. Face aux Celtics, Siakam n'a fait mouche que sur 37 de ses 98 tentatives et tourne à 4/31 à 3 points. Boston l'a bien compris et se concentre logiquement sur les autres armes à neutraliser.

Le magnifique coup de vice de Nick Nurse dans le money time. Polémique en vue ?

Tout le monde sait qu'il s'agit d'une mauvaise passe et que c'est possiblement le contexte et ce très long break qui ont modifié la trajectoire du numéro 43 des Raptors. Mais tout le monde n'a pas l'indulgence et la patience de Nick Nurse. Sur les réseaux, là où il est possible de prendre la température populaire, Siakam est la cible n°1 des fans et des observateurs. Nurse, lui, continue d'avoir une confiance aveugle en son joueur et n'a aucune intention de le lâcher.

"Je ne sais pas. Tout le monde se met sur son dos et je ne comprends pas pourquoi. C'est comme ça à chaque fois. Avant, les gens disaient qu'il ne serait pas capable d'être un titulaire. Il l'est devenu. Les gens ont dit qu'il ne saurait pas scorer. Il l'a fait. Ils ont dit qu'il ne saurait pas shooter. Il le fait. Puis ils ont dit qu'il n'arriverait pas à être bon en playoffs l'année dernière. Il a été énorme. On nous a dit qu'il ne pourrait pas être un n°1 cette saison. Il l'a été.

La pandémie est arrivée et la pause lui a peut-être fait plus de mal qu'à d'autres. Mais ce que je sais, c'est qu'on a juste à gagner un match pour lui donner l'opportunité de montrer à nouveau qui il est, pour la énième fois", a expliqué le Coach of the Year 2020 devant la presse.

Nurse n'est pas du tout dans le "tough love" et semble vraiment croire à un retour en grâce de son joueur. On espère quand même pour lui que ce sera dès vendredi. Sans quoi il y quand même des chances pour que Pascal Siakam n'ait pas l'occasion de prouver qu'il est toujours un crack avant la saison 2021...

 

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