Air Jordan XI, Uptempo, Ndestrukt, Optix : le recap sneakers de l’épisode 8 de The Last Dance

La plus grande paire de tous les temps et quelques autres modèles croustillants à décrypter.

Air Jordan XI, Uptempo, Ndestrukt, Optix : le recap sneakers de l’épisode 8 de The Last Dance
Petit recap de quelques sneakers aperçues lors de l'épisode 8 de The Last Dance sur la dernière saison de Michael Jordan aux Chicago Bulls. C’est parti et garanti 100% OG et 100% sans spoiler. Enorme programme avec le retour aux affaires de Jordan après la parenthèse base-ball. Accrochez vous.

La doublement Nickel : Air Jordan X

La grève du monde du base ball au printemps 1995 permet à la folle rumeur d’un retour de Jordan au basketball de gonfler un peu plus chaque jour. Le 18 mars, il annonce « I’m Back », le 19 il est à Indianapolis pour son premier match depuis juin 1993. Numéro 45 sur le dos, écrasé par l’émotion, Jordan passe au travers de son match, mais porte la Jordan 10, la même vue aux pieds de Scottie Pippen quelques jours plus tôt, qui montre à la caméra en souriant le Jumpman, sorte de Bat-Signal ultime. https://www.youtube.com/watch?v=Y5T5CBCHrF8 Cette 10 n’était bien sûr pas censée être aux pieds de Jordan, et les inscriptions sur la semelle en sont la preuve : quelques lignes du glorieux palmarès y apparaissent, et un « and beyond » pour l’année 1994, preuve que l’on regarde déjà vers le futur pour Nike. Ultra confortable et performante, elle a pourtant été boudée par le grand public, à tel point que Nike a inventé le fameux City Pack dessus, avec une version Orlando, Seattle, New York ou Sacramento. D’ailleurs, Nick Anderson la portera lors de la série de playoffs remportée quelques semaines plus tard par le Magic. Mais c’est surtout pour le match au Garden, le fameux Double Nickel Game, que la 10 est connue et devient objet de désir. Frappée du 45 dans un coloris Chicago, elle a la particularité aussi d’avoir les Jumpman inversés sur le talon, comme pour annoncer un nouveau monde.     Elle apparait aussi dans cet épisode de The Last Dance sur un colorway Shadow censé accompagner MJ pendant les playoffs. A moins que…  

La G.O.A.T : Air Jordan XI

… à moins que Tinker Hatfield ait un as dans sa manche. Mis sous pression avec les échecs commerciaux relatifs des Air Jordan IX et X, le designer est à deux doigts de jeter l’éponge vu le manque de considération dont il pense faire l’objet. Mais en bon compétiteur qu'il est lui aussi, il décide de mettre le paquet et de prendre 20 ans d’avance sur toute la concurrence. Aujourd’hui encore les gens ne se rendent pas compte à quel point la Jordan XI est un concentré de technologie, avec son plateau en carbone, son nylon ballistic ultra léger et respirant, et bien évidemment son Patent Leather révolutionnaire (et pas du tout juste décoratif comme les fashionistas peuvent le penser). MJ voulait une chaussure à porter sur les terrains, mais aussi calibrée pour aller avec un costume, pour rester classe en toute circonstance et remettre la lignée Jordan dans le lifestyle. C’est donc une fusée atomique qui est présentée à Jojo avant la série contre Orlando. Il ouvre de grands yeux et annonce : « je la porterai dès le premier match ». Tinker freine des deux pieds : la chaussure est un prototype, et la sortie est prévue pour novembre 1995, pas du tout pour le mois de mai. Sauf que ce que Jordan veut, Jordan l’a. Le voici donc avec sa Jordan XI Concord, qui est un personnage à part entière de cet épisode 7 tellement elle y est représentée. Il y avait peu d’exemplaires disponibles, donc interdiction de se manquer, même si Nick Anderson gâche la fête du numéro 45. Symbole de défaite en 95, elle devient l’image de l’excellence après 72 victoires la saison suivante. Nous la voyons aussi dans le coloris SpaceJam, qui foulera les parquets en playoffs 1995 et occupera la scène final du film pour botter le cul des méchants), mais aussi dans la version Bred de la finale 1996. L’image d’un Jordan prostré et en larmes dans le vestiaire à la fin du Game 6 avec cette paire immaculée fera le tour du monde, et ce n’est pas un hasard si finalement la XI est considérée par tous les spécialistes comme la plus grande sneaker de tous les temps. 25 ans après, chaque réédition provoque des émeutes, à tel point qu’en 2011 Jordan Brand a décidé de modifier son jour de sortie des modèles (passant au samedi), pour éviter que les kids ne sèchent les cours en passant des heures dans les fils d’attente. Phénoménal.  

La fausse amie : Nike Air Flight One

Vous vous rappelez du fameux code couleur qui avait valu à la Air Ship de 1985 d’être bannie (avec les amendes qui vont avec) et à Nike de faire une campagne de pub qui avait servi à rendre la Jordan 1 Bred un phénomène culturel ? Eh bien rebelote avec la Jordan XI ! En effet , le coloris Concord ne matchait pas du tout avec les kicks noires de ses coéquipiers, du coup MJ se voit infliger par la ligue une amende à chaque fois qu’il la porte. Fatigué de payer, et la version noire n’étant pas prête (on vous rappelle qu’il n’était pas du tout prévu que la XI soit portée avant 6 mois pour la Concord, et donc 1 an pour la version playoffs), voilà Jordan portant une Air Flight One, qui à l’époque est la chaussure signature de Penny Hardaway qui est face à lui sur cette série ! La chaussure est loin des standards de la ligne Air Jordan, avec une grosse semelle, et un design très classique, voire trop mastoc. Rassurez vous, l’affront n’allait pas être vécu à 100%, puisque Jordan prendra soin de gratter le numéro 1 apparaissant sur la tige. Faut pas déconner quand même…

La légère : Nike Air Tech Challenge LWP

Avant de le chauffer un peu trop dans les playoffs 98 avec les Hornets (d’ailleurs en portant une paire Jumpman Team 1 dont nous vous avions parlé précédemment), BJ « babyface » Arsmtrong avait eu l’excellente idée de ramener Jordan au Berko Center en février 1995 histoire de se lui permettre de se dégourdir les jambes et de dire bonjour aux copains. Le boss arrive avec une paire de Nike Air Tech Challenge LWP (pour  Lightweight Performance). D’une légèreté incroyable, cette chaussure de tennis était celle d’André Agassi, parfaitement adaptée à la vitesse et à l'explosivité du tennisman américain. Une tige mid, un chausson en neoprene, des lacets ronds (tiens tiens, comme sur la Jordan XI…), et une ligne agressive, à l’image du Kid de Las Vegas.  

Celle qui aurait mieux fait de fermer sa gueule : Nike Air Ballistic Force Low

Des histoires sur les mille et une manières de se motiver de Jordan, chaque joueur NBA l’ayant affronté de près ou de loin en a une en stock. On ne sait pas ce que le pauvre LaBradford Smith raconte à ses enfants mais il a pris très cher après avoir chambré la superstar après un match à 37 points dans une victoire des Bullets sur les Bulls. Le tout avec une Air Ballistic Low (qui ressemble d’ailleurs plus à une mid), version raccourcie de celle portée par John Stockton avec la Dream Team. Cette paire n’est jamais ressortie depuis 1992, ce qui est compréhensible au vu du côté très basique et daté de la silhouette.  

La gantée : Nike Air Thrill Flight

Comme chaque semaine dans The Last Dance, on retrouve une équipe qui attrape sa contrariété en finale contre les Bulls. En 1996 ce sont les flamboyants Seattle Supersonics qui vont manger, emmenés par un Gary Payton ultra remonté et certain de détenir la clé qui fera vaciller l’armada de Chicago. Cela a d’ailleurs bien fait marrer MJ quand il entend « The Glove » dire ça, mais le meneur des Sonics il faut le reconnaitre aura bien mis le GOAT en galère pendant deux matchs, avec aux pieds la Air Thrill Flight. Ressemblant fortement à la Air Flight 1 dans la conception, elle reste dans la veine de ce qui se faisait à cette époque. A noter le petit swoosh à l’avant que l’on retrouve aussi sur la Uptempo.  

L’ambitieuse : Nike Air More Uptempo

La Uptempo, parlons en justement. Reconnaissable entre mille avec ses trois lettres AIR qui la recouvrent, elle reste définitivement dans le cœur des fans comme LA chaussure de Scottie Pippen. Assise sur une immense air unit, elle connaitra l’or olympique, et un bon paquet de coloris sur les rééditions les plus récentes. Une icone, à n’en pas douter. Par contre si vous chaussez au-delà du 46, oubliez la sous peine d’avoir l’impression d’avoir aux pieds les canots de sauvetage du Titanic.

La jumpeuse : Reebox Optix Mid

Autre magnifique perdant en 1996 : Shawn Kemp, un gars sûr que l’on a toujours adoré voir jouer. Son duo avec Payton fut un délice pour les yeux, créant Lob City bien avant Blake et CP3. Pendant la finale, ce ne sera pas la mythique Reebok Kamikaze qui sera portée, mais une paire qui s’en rapproche et dénommée la Optix Mid. Noire barrée de larges lignes blanche, elle reste une valeur sure auprès des nostalgiques du Reign Man.  

La WTF : Nike Shake Ndestrukt

La paire portée par Dennis Rodman pendant ces playoffs 96, avec son nom qui vaut 62 points au Scrabble, son grand swoosh, son logo en flamme sur le talon et son système de laçage complétement en biais. Parfaitement calée sur l’image du bonhomme qui aurait mérité d’être MVP des finales (mais chut, ça on n’a pas trop le droit de le dire…)   Rendez-vous la semaine prochaine pour l'épilogue et les recap sneakers des deux derniers épisodes de The Last Dance.

Si vous avez manqué les récaps des autres épisodes de The Last Dance :

Episode 1 Episode 2 Episode 3 Episode 4 Episode 5 Episode 6 Episode 7