Comment l’évolution de Karl-Anthony Towns fait des Knicks de vrais candidats au titre

Les Knicks vont attaquer les finales de Conférence avec un statut de favoris qui s'explique par la transformation de Karl-Anthony Towns.

Comment l’évolution de Karl-Anthony Towns fait des Knicks de vrais candidats au titre

Tout aurait pu tourner à la catastrophe. Candidats au titre, favoris à l’Est et mis sous pression par un propriétaire excentrique qui considérerait toute élimination avant les finales comme un échec, les Knicks se sont retrouvés dos au mur dès la première semaine des playoffs. Menés par les Hawks en s’inclinant deux fois en trois rencontres avant de disputer un Game 4 crucial à Atlanta.

La franchise new-yorkaise n’avait pas le droit à une sortie de route express. Pas après autant d’investissements pour retrouver les sommets. Pas avec une masse salariale supérieure à 211 millions de dollars, un montant astronomique que seuls les Cavaliers, futurs adversaires de Jalen Brunson et de sa bande, dépassent cette saison. Pas après avoir renvoyé Tom Thibodeau malgré une finale de Conférence disputée (et perdue) l’an dernier. Pas après une si longue attente pour les supporters hystériques et si souvent déçus de Manhattan. Cette quatrième manche contre les Hawks fut effectivement un tournant. Aussi bien pour Karl-Anthony Towns que pour toute son équipe.

L’intérieur dominicain est souvent critiqué ou présenté comme le bouc-émissaire à chaque mauvais passage des Knicks depuis son transfert surprise vers la grosse pomme à la rentrée 2024. Il est ce joueur fort mais frustrant. Celui qui peut faire gagner les siens mais que tout le monde pointe du doigt après chaque défaite. « KAT » n’a pas démérité sur les trois premiers matches de la série contre Atlanta : 25 points en 13 tirs sur le Game 1, 18 en 12 tentatives sur le suivant puis 21 points à nouveau en 12 tirs sur le Game 3. Il n’a plus jamais autant pris sa chance depuis. Et les Knicks n’ont plus perdu une seule rencontre.

Les Knicks ont enfin trouvé comment utiliser Karl-Anthony Towns

L’ajustement ne pouvait presque que venir du pivot All-Star. Son nombre de tirs a donc baissé mais ça ne veut pas dire que New York s’est éloigné de sa deuxième lame offensive. Bien au contraire. Même s’il est moins souvent à la finition, Towns n’a jamais été aussi impliqué dans le jeu. C’est justement le changement tactique qui a tout changé pour les Knicks : oser mettre leur grand au cœur du système offensif en l’utilisant comme un créateur, que ce soit au poste haut, au poste bas ou à travers ses drives vers le cercle.

Ça n’a pourtant jamais été son point fort. Comme le disait si bien notre Théophile Haumesser, « Karl-Anthony Towns doit être le plus mauvais passeur parmi les All-Stars. » Clairement. Il était incapable de faire les bonnes lectures sur les prises-à-deux. Ses adversaires le savaient. Et même quand il essayait, c’est tout simplement sa qualité de passe qui faisait défaut. C’est arrivé au point où lui-même n’essayait même plus de lâcher la gonfle. Sur les 74 joueurs qui ont attaqué le cercle balle en main autant de fois que lui cette saison, il est… 74eme au nombre de possessions où il a fini par faire la passe. Un trou noir.

De trou noir à distributeur automatique de caviars

Ce n’est jamais simple pour un homme de sa taille et de son gabarit de délivrer des caviars en lâchant la balle dans le dribble. Même s’il ne manque pas de dextérité. Mais ce qui était autrefois une grande faiblesse est en train de devenir une force. Sa transformation, aussi soudaine que surprenante, est en tout cas particulièrement bénéfique pour les Knicks. Ils n’ont jamais été aussi dominants. Ils ont bouclé leurs deux premières séries avec un écart moyen de +19,4 points, du jamais vu au cours des quarante dernières années. Ils ont d’abord détruit les Hawks lors des trois rencontres suivantes avant de sweeper des Sixers incapables de rivaliser.

Soit sept victoires de suite avant d’entamer les finales de Conférence. La deuxième année de suite qu’ils atteignent ce stade de la compétition. La troisième pour Karl-Anthony Towns, qui les a aussi disputés, sans jamais franchir le cap, avec les Timberwolves en 2024. S’il avait su afficher cette qualité de passe à l’époque, il jouerait encore dans le Minnesota.

Depuis que Mike Brown et son staff ont donné carte blanche à leur grand pour distribuer le jeu, il n’est plus descendu une seule fois sous les 6 passes. Il pointe même à 15,7 unités, 9,6 rebonds et 8 caviars de moyenne en moins de 28 minutes. Son déploiement en tant que « hub » à la Nikola Jokic (toutes proportions gardées bien sûr) a débloqué l’attaque new-yorkaise en lui donnant une autre dimension. Les Knicks marquaient 118 points sur 100 possessions en saison régulière et ce chiffre est monté à 124 depuis le début des playoffs.

En restant sur la comparaison avec le « Joker », Towns tourne à 11 passes sur 36 minutes sur l’échantillon réduit des 7 derniers matches. La meilleure marque de l’Histoire pour un pivot sur 36 minutes appartient évidemment au Serbe des Nuggets avec… 11,1 passes (sur toute une saison cela dit). Il n’est pas aussi doué que le triple MVP dans ce domaine mais il arrive à trouver ses coéquipiers en tant que point d’ancrage. Un rôle qui lui convient parfaitement et qui colle avec les joueurs malins que sont Mikal Bridges, OG Anunoby, Josh Hart ou même Jalen Brunson, tous capables de couper dans le dos de la défense pour inscrire des paniers faciles.

Tous gagnent en efficacité, Brunson le premier. Il se fatigue moins à créer constamment des différences balle en main. De quoi lui laisser plus d’énergie pour éventuellement prendre le match à son compte si jamais la situation l’exige. Ce n’est arrivé qu’une fois, lors du Game 3 contre Philadelphia. Et il a répondu présent. Les Knicks sont moins prévisibles quand leur meneur porte moins le cuir. Et donc ils sont d’autant plus dangereux.

Ce n’est pas nécessairement un sacrifice que de scorer moins pour Karl-Anthony Towns. Il a l’air épanoui dans son nouveau rôle. Peut-être même plus que jamais. Parce que le joueur 30 ans a souvent donné l’impression de courir après le respect et la reconnaissance. Il marque moins, oui, mais il n’a probablement jamais été aussi apprécié. Le fait de se sentir investi l’aide aussi à s’impliquer davantage aux rebonds et en défense.

Oui, il fera encore des fautes bêtes. Oui, il va perdre des ballons. Faire des grimaces qui donneront envie de jeter ses pantoufles sur la télévision. Mais son évolution a donné une nouvel élan aux Knicks. Et rêver d’un sacre de New York n’a plus paru aussi crédible depuis au moins trois décennies.

Où classer Jalen Brunson dans un top 10 all time des Knicks ?