Le Thunder a balayé les Suns sans trembler, et Phoenix repart en vacances avec une question gênante : où était vraiment Devin Booker dans cette série ? Pas absent, pas catastrophique, mais jamais assez dominant pour faire vaciller Oklahoma City, vainqueur 131-122 du Game 4 pour conclure un sweep net au premier tour.
Un sweep attendu, une frustration plus profonde
Sur le papier, personne n’imaginait forcément les Suns renverser la meilleure équipe de la ligue. Le Thunder avait l’avantage du talent collectif, de la profondeur, du rythme, de la défense et de la dynamique. Le 4-0 n’a donc rien d’un tremblement de terre. C’était même le scénario le plus probable depuis le début, surtout face à une équipe de Phoenix encore en reconstruction autour de Jordan Ott, avec une identité intéressante mais fragile.
Le problème, ce n’est pas seulement que les Suns ont perdu. C’est la manière dont leur meilleur joueur supposé n’a jamais vraiment imposé sa loi. Dans le Game 4, Booker termine avec 24 points, pendant que Shai Gilgeous-Alexander en inscrit 31 avec 8 passes pour valider la qualification d’OKC. Chet Holmgren ajoute 24 points et 12 rebonds, et le Thunder avance au deuxième tour après un troisième sweep consécutif au premier tour.
Booker a eu des séquences. Il a même fini fort après une première mi-temps très discrète, mais c’est justement là que le malaise commence. Dans une série où Phoenix avait besoin d’un patron, il a trop souvent donné l’impression d’être un joueur parmi d’autres. Un très bon joueur, évidemment. Mais pas celui qui force l’adversaire à revoir tout son plan.
Le vrai souci : Booker n’a pas pesé comme une star
Le constat fait mal : sur cette série, deux joueurs des Suns ont davantage marqué que lui en moyenne ou dans l’impression globale laissée. Dillon Brooks et Jalen Green ont souvent semblé plus agressifs, plus présents, plus visibles. Ce n’est pas forcément infamant sur un match. Ça le devient beaucoup plus sur une série entière.
Booker n’avait pas besoin de tourner à 50 points pour que Phoenix existe. Personne ne peut exiger ça contre une défense aussi organisée que celle d’OKC, avec Luguentz Dort, Alex Caruso, Cason Wallace et toute une armée de stoppeurs professionnels envoyés pour lui compliquer la vie. Mais quand Booker n’est ni le scoreur principal incontestable, ni le facilitateur qui compense par la création, les Suns se retrouvent dans un entre-deux dangereux.
C’est exactement ce qui s’est passé. Il n’a pas suffisamment puni au scoring. Il n’a pas non plus transformé l’attaque des Suns par la passe. Résultat : Phoenix a souvent joué courageusement, parfois joliment, mais sans cette sensation qu’une superstar pouvait prendre le match par la gorge. Et dans les playoffs, cette absence-là se paie cash.
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Un tir extérieur qui interroge
Il y a aussi un autre sujet, plus ancien, plus discret, mais de plus en plus difficile à ignorer : l’adresse à trois points de Devin Booker. L’image du shooteur d’élite lui colle encore à la peau, parce qu’il possède une mécanique superbe, une menace constante à mi-distance et une capacité évidente à scorer dans les zones intermédiaires. Mais derrière l’arc, la régularité n’est plus toujours au niveau attendu.
Dans le Game 4, Booker a encore terminé à 1/6 à trois points. Ce n’est pas une ligne statistique isolée qui condamne une série, mais elle raconte quelque chose. Face à une équipe comme Oklahoma City, qui peut fermer la raquette, contester les drives, changer les angles et pousser les attaquants vers des tirs compliqués, les Suns avaient besoin que Booker écarte le jeu avec autorité. Il ne l’a pas fait assez souvent.
Le contraste avec OKC est cruel. Le Thunder a shooté à plus de 53% sur le Game 4 et inscrit 17 tirs primés, avec une circulation de balle beaucoup plus fluide et une impression de maîtrise collective bien supérieure. Phoenix a parfois tenu offensivement, mais jamais avec la même évidence.
Phoenix n’a pas tout raté
Il faut aussi garder une nuance importante. Cette saison des Suns n’est pas un fiasco complet. En début d’exercice, les attentes étaient modestes. Phoenix semblait davantage lancé dans une année de transition que dans une vraie campagne de playoffs. Le simple fait d’atteindre le premier tour reste donc une forme de réussite.
Les Suns ont eu de bons passages dans la saison. Ils ont trouvé des choses avec Dillon Brooks. Jalen Green a eu ses moments. Jordan Ott a montré qu’il pouvait installer une base de travail cohérente. Même dans cette série contre OKC, Phoenix n’a pas donné l’impression de lâcher complètement. Les Suns ont joué avec leurs moyens, et ces moyens étaient simplement inférieurs.
Mais tout cela ne protège pas Booker de la critique. Au contraire. Quand une équipe avance avec des limites, sa star doit parfois dépasser le cadre. Booker ne l’a pas fait.
Une intersaison déjà brûlante
La vraie question, désormais, concerne la suite. Phoenix peut-il construire une équipe vraiment fonctionnelle autour d’un trio Booker, Brooks, Green ? Est-ce que cette base peut aller loin en playoffs ? Est-ce que Booker doit retrouver un rôle plus clair, plus agressif, plus central ? Ou est-ce que les Suns doivent encore bouger les lignes pour éviter de rester coincés dans cette zone grise : trop bons pour repartir de zéro, pas assez forts pour menacer les meilleurs ?
Le sweep contre Oklahoma City ne détruit pas tout. Mais il expose tout. Le Thunder a montré ce qu’était une équipe prête, structurée, profonde, avec une superstar au sommet de son influence. Les Suns, eux, ont montré une équipe intéressante, mais encore trop brouillonne. Et leur franchise player a incarné cette ambiguïté.
Devin Booker reste un immense joueur. Personne ne découvre aujourd’hui son talent. Mais ces playoffs laissent une impression désagréable : au moment où Phoenix avait besoin d’un leader indiscutable, il a été devancé dans l’impact, dans l’énergie et parfois même dans la hiérarchie offensive par ses propres coéquipiers.
Pour une équipe battue par plus fort, ce n’est pas honteux. Pour une star de son calibre, c’est une vraie déception.


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