Nuggets : le problème qui menace leur saison

Jokic et Murray assurent… mais derrière, le vide. Et dans cette série, Denver pourrait payer très cher ce manque.

Nuggets : le problème qui menace leur saison

Menés 3-1 par les Minnesota Timberwolves, les Denver Nuggets sont au bord du gouffre. Et au-delà du score, une question devient centrale dans cette série : qui va enfin répondre présent autour de Nikola Jokic et Jamal Murray ?

Parce que le problème est là. Pas dans la production des deux leaders, encore capables de noircir la feuille. Jokic termine avec 24 points, 15 rebonds et 9 passes. Murray ajoute 30 points, 5 rebonds, 5 passes. Sur le papier, difficile de leur reprocher quoi que ce soit. Mais sur le terrain, l’impression est tout autre.

Le jeu des Nuggets, habituellement si fluide, si collectif, si basé sur la connexion entre Jokic et Murray, s’est fissuré. Le duo continue de produire, mais il semble isolé. Comme déconnecté du reste de l’équipe. Les automatismes sont moins évidents, les lectures moins tranchantes, et surtout, derrière eux, le vide devient inquiétant.

Dans ce Game 4, un seul autre joueur dépasse les 10 points. Et encore, timidement. Le reste ? Des contributions fantômes, des séquences où certains disparaissent complètement de la circulation offensive. Christian Braun, pourtant attendu dans ce rôle de complément fiable, peine à s’imposer. Même constat pour Cameron Johnson, trop discret, trop effacé.

Et c’est là que le bât blesse...

Parce que dans ce genre de série, dans ce type de contexte, il faut des relais. Des joueurs capables de prendre le relais sur quelques possessions, d’assumer des tirs difficiles, de sanctionner les espaces laissés par la défense. Aujourd’hui, Denver ne les trouve pas.

Il y a bien des situations en transition, des layups contestés, des tirs à mi-distance ouverts… mais ces tirs-là doivent rentrer. Ce ne sont plus des opportunités bonus. Ce sont des tirs nécessaires. Quand on est payé pour être un joueur clé de rotation, quand on a la confiance du staff, on doit convertir ces moments-là. Et pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Le problème est d’autant plus visible que les Timberwolves jouent, eux, avec une justesse remarquable. Malgré les blessures de Anthony Edwards et Donte DiVincenzo, Minnesota continue de proposer un basket propre, structuré, discipliné. Le coaching de Chris Finch fait des merveilles, avec des ajustements constants, des rotations intelligentes, et une capacité à tirer le maximum de chaque joueur disponible.

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En face, Denver donne l’impression de subir

Subir les événements, subir les absences, subir le rythme imposé. Et surtout, subir un manque cruel de solutions. La rigidité des rotations interroge, l’absence d’ajustements visibles aussi. Jokic lui-même semble parfois à court de réponses, lui qui d’habitude trouve toujours une lecture, une passe, une solution pour débloquer une situation.

Il faut dire que les Wolves font un travail énorme pour le contenir. Rudy Gobert notamment, lui impose un défi physique constant. Mais même dans ce contexte, on attend de Denver autre chose. Une réaction collective. Une prise d’initiative ailleurs.

Car pour l’instant, l’équation est trop simple : si Jokic et Murray ne font pas tout, personne ne le fera. Et c’est précisément ce qui met Denver en danger.

L’histoire récente rappelle pourtant que cette équipe a de la résilience. Elle a déjà su revenir de situations compliquées, déjà su inverser des dynamiques mal engagées. Rien n’est encore totalement terminé. D’autant que Minnesota est diminué et que la fenêtre reste entrouverte.

Mais pour l’exploiter, il faudra un électrochoc. Un joueur qui sort de sa boîte. Un rôle player qui assume. Un troisième homme, voire un quatrième, capable de faire basculer un match. Peu importe le nom. Peu importe le profil. Mais quelqu’un doit répondre.

Parce qu’à ce stade, la question n’est plus tactique. Elle est presque simple. Qui, à Denver, est prêt à step up ?

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