Victor Wembanyama, le bijou français en avance sur tout le monde

Victor Wembanyama, le bijou français en avance sur tout le monde

16 ans et 2,19 mètres, Victor Wembanyama fait déjà saliver les scouts NBA. Focus sur le jeune espoir qui incarne le futur du basket français.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Ce qui frappe en premier en regardant Victor Wembanyama, c’est évidemment sa taille. Du haut de son 2,19 mètres, il surplombe le paysage. Même sur les parquets professionnels. Mais en l’écoutant parler, ce qui ressort, c’est d’abord son calme. De la simplicité mais aussi de la maturité dans ses réponses. De la joie de vivre qui se dégage. Et heureusement qu’il soit encore en mesure de voir la vie sous cet angle, comme tous les jeunes de son âge.

Ses interviews sont rares. Sa famille le protège – et à juste titre ! – et l’agence Comsport, qui représente les principaux talents français en NBA et avec laquelle il vient de s’engager, devrait prendre le relais. Il est entre de bonnes mains. Mais quand il parle, il donne l’impression de savoir déjà où il va et ce qu’il fait. Tout en gardant l’insouciance propre à un garçon de seize ans.

Le natif du Chesnay (Yvelines) est bel et bien à part. Pas seulement physiquement. Aussi mentalement. Le nouvel espoir du basket tricolore, après Frank Ntilikina, Sekou Doumbouya, Theo Maledon et Killian Hayes. Le sport est un milieu cruel qui nous pousse injustement à comparer des adolescents à une période de leur vie où ils ne devraient pas être jugés. Tout ça pour dire que Wembanyama est en avance. Son corps. Son jeu. Ses performances. Son esprit.

Victor Wembanyama, le meilleur prospect du monde

Cela fait maintenant un moment que son nom circule sur les réseaux sociaux ou dans la bouche des scouts NBA. Puis Mike Schmitz, spécialiste ESPN, s’est lâché avec admiration :

« Ce gamin est sans doute le meilleur prospect du monde. Il mesure 2,19 mètres avec une envergure proche des 2,44 mètres. Il peut contrer comme Rudy Gobert, il peut tirer comme Kristaps Porzingis tout étant à l’aise à la passe et en dribble. Je n’ai jamais vu un joueur comme lui. »

Ça ferait une belle bio sur Twitter. En tout cas, sacré résumé. Tout commence donc avec les centimètres. Quoi qu’on en dise, la taille compte dans le basket. Les grands ont plus de facilité pour se frayer un chemin vers le haut niveau. Ils intriguent. Et avec 2,19 mètres à seize ans, Victor Wembanyama fait même rêver les recruteurs.

Les plus sceptiques soulignent surtout le fait qu’il est très… maigre. Déjà, c’est faux. 95 kilos. Il est longiligne, mais c’est justement parce qu’il est très grand. Bien sûr qu’il doit s’étoffer. Bien sûr qu’il doit prendre du muscle. Mais son corps est en pleine croissance. C’est dangereux d’expédier un ado sur un banc de développé couché sans prendre le temps d’y aller étape par étape. C’est tout un travail. Encore une fois, il est bien suivi. Et il sait ce qu’il doit faire.

« J’ai des objectifs nutritionnels par repas et en fonction de mon programme de la journée. Je pèse actuellement 95 kg, le but est de prendre du muscle progressivement. Avec Vincent Dziagwa, le préparateur physique du club, on se base sur des profils de joueurs auxquels je ressemble pour avoir une idée du poids que je pourrais faire comme Kristaps Porzingis qui mesure 2,21 m pour 111 kg, et Rudy Gobert, qui mesure 2,16 m pour 109 kg », souligne l’intéressé au Parisien.

Un jeune homme plein de skills

Maintenant, ce qu’il faut vraiment mettre en avant, ce n’est pas juste sa taille. C’est la façon dont il se déplace, avec aisance, tout en fluidité, pour un (jeune) homme de 219 centimètres. Ce que certains peinent à réaliser, faute de le vivre. Être grand représente parfois tout un lot de problèmes. Et souvent, les gamins de ce gabarit à cet âge ont des difficultés à courir correctement, à prendre position, à se coordonner. Pas lui. C’est l’un des éléments qui le rend aussi unique.

L’autre, ce sont ses skills. Sa technique. Le nerf de la guerre. La vraie raison de s’extasier et de s’exciter autour de l’avenir de l’intérieur de la JSF Nanterre. Et c’est d’ailleurs plutôt ça, enfin combiné à sa taille, qui provoque bons nombres de clics et de retweets depuis quelques semaines.

Tout a commencé très simplement, avec un deux contre deux organisé dans la salle Maurice-Thorez de Nanterre (Hauts-de-Seine). Mais pas n’importe quel duel. D’un côté, deux espoirs du club. Maxime Raynaud et donc Victor Wembanyama. De l’autre, deux internationaux français. Deux stars de la sélection. Deux joueurs NBA. Dont un All-Star. Rudy Gobert et Vincent Poirier. Et c’est contre le pivot du Jazz que le prodige s’est retrouvé lors des deux premières actions. La suite a été vue des millions de fois un peu partout dans le monde.

Le Français Victor Wembanyama épate en défiant Rudy Gobert

Le basket est un sport d’adresse. Alors un grand qui met de loin, encore plus à une époque où le trois-points est devenu l’arme ultime, c’est le jackpot. La mécanique est fluide, elle aussi. Propre. Ah oui, au passage, il tire aussi bien main droite que main gauche.

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Il brille déjà contre les adultes

Bon c’est purement accessoire mais ça en dit long sur le bonhomme. Et on ne parle pas de faire des layups des deux mains, c’est depuis l’arc qu’il dégaine. Le tir. L’aisance en dribble. Kristaps Porzingis ou Rudy Gobert n’étaient pas au même stade de développement au même âge. Encore moins Giannis Antetokounmpo, l’un de ses modèles. Parce que oui, le bonhomme ne veut pas être enfermé dans la case du géant qui court et marque de près.

Il suit le double-MVP mais aussi Kevin Durant « deux joueurs qui prouvent que la taille n’empêche pas de savoir jouer au basket. Leu jeu n’est pas stéréotypé. » Imaginez un crossover entre KD, Gobert, Giannis et Porzingis et vous obtenez le basketteur ultime. Bien sûr qu’il n’en est pas là. Le comparer, ce n’est pas promettre qu’il deviendra aussi fort. C’est juste souligner les similitudes qu’il partage avec chacun.

Quelques jours après son test contre Gobert, Victor Wembanyama découvrait la Nationale 1 en effectuant ses grands débuts avec le Centre Fédéral. Il dispose d’une double-licence qui permet de jouer avec les espoirs de la JSF tout en apprenant les ficelles du métier en troisième division. Pour rappel, c’est un championnat relevé. Avec des adultes. Et au milieu de ça, l’INSEP. Des jeunes qui n’ont gagné que 3 fois en 250 matches à ce niveau avant l’arrivée du prodige.

22 points, 10 rebonds et 7 contres pour sa première. Un festival. Impressionnant. Et, à la clé, une victoire contre le célèbre club du Havre (ex-Pro A) sur le score de 72 à 63. Chapeau.

L'avenir lui appartient

C’est très fort. Très précoce, aussi. Mais il commence à avoir l’habitude. L’an dernier, à quinze ans, il faisait ses débuts en pro après avoir été appelé par le coach Pascal Donnadieu. Une trentaine de secondes disputées contre Brescia en EuroCoupe. Le meilleur restait à venir. Une prise de température. Parce cet automne, non seulement il a retrouvé les terrains FIBA avec Nanterre mais cette fois-ci en marquant 5 points et en calant 4 blocks en 17 minutes ! Avec même un trois-points en prime.

Victor Wembanyama impressionne pour ses débuts en Coupe d’Europe

Tout ça, c’est beau. Mais encore une fois, vraiment, ce qui nous marque le plus, c’est l’image qu’il dégage quand il s’exprime. Ça se sent qu’il a la tête sur les épaules. Il est humble, mais pas dénué d’ambition. Il le dit : il veut jouer en NBA, « aller le plus haut possible. » Pas besoin de se cacher. Ça serait de toute façon difficile. Tout le monde le suit de près désormais.

« Il aurait été pris en premier s’il s’était présenté à la draft cette année », ose Keith Smith. Premier choix, peut-être qu’il le sera en 2022 ou 2023. La route est encore longue. Mais il progresse à pas de géant.

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