Shai Gilgeous-Alexander : B-
Rarement une équipe n’aura rendu la vie aussi difficile à Shai Gilgeous-Alexander que ce l’ont fait les Spurs sur ces finales de Conférence. Stephon Castle est resté devant lui le plus souvent possible, lui imposant ainsi son corps, sa puissance, sa taille et son envergure. Carter Bryant l’a tenu avec brio sur quelques possession au cours de chaque rencontre ou presque. Dylan Harper, Devin Vassell et Julian Champagnie se sont relayés pour au moins donner le change. Et, surtout, quand bien même le Canadien finissait par franchir le premier rideau, Victor Wembanyama venait sans cesse rôder pour lui fermer l’accès au cercle.
C’est donc essentiellement dans le mid-range et loin du panier que le double-MVP s’est fait son beurre. Des zones où il excelle d’ordinaire… sauf qu’il n’a justement pas eu son rendement habituel. Il est descendu de 31,1 points de moyenne en saison régulière à 25,9 sur les 7 matches contre San Antonio. Surtout, son adresse a chuté drastiquement. Seulement 40% de réussite sur la série, et 28% à trois-points.
En revanche, Gilgeous-Alexander a prouvé lors du Game 7 qu’il faisait tout de même évidemment partie de la classe des très grands joueurs en inscrivant 35 points en plus de ses 9 passes décisives. Mais dans l’ensemble, il était sous les standards irréel auxquels qu’il atteignait depuis deux ans, avec même deux matches sous les 20 points, deux défaites, alors qu’il n’est jamais passé sous ce seuil symbolique tout au long de la saison.
Alex Caruso : A
Le baromètre du Thunder. Le facteur X permanent. Sauf que, justement, il s’est troué sur le Game 7 en terminant avec 3 sur 14 aux tirs. Il n’empêche que cette série se serait conclue beaucoup plus rapidement en faveur des Spurs sans la présence d’Alex Caruso. Il a, comme à son habitude, pesé des deux côtés du parquet. En s’affirmant même comme le deuxième meilleur marqueur de son équipe sur ces finales à l’Ouest avec 14,9 points de moyenne à 47% aux tirs et 50% à trois-points. Il est sans doute aujourd’hui le « role player » le plus impactant de toute la ligue.
Jared McCain : B
Sam Presti et ses assistants savaient sans doute qu’ils avaient réussi un bon coup en cédant un premier tour de draft (et trois au second round) pour faire venir Jared McCain en février dernier. Ils en ont eu la confirmation. Le jeune homme n’a jamais eu peur malgré l’enjeu et la découverte d’un environnement aussi pesant que celui des finales de Conférence. Ses performances à 24 et 20 points dans les Games 3 et 5 ont même fortement contribué au succès décisifs des siens. Il lui manquait un peu d’adresse (36% de réussite, 28% à trois-points) mais il a essayé de compenser les absences de Jalen Williams et d’Ajay Mitchell comme il pouvait.
Luguentz Dort : D-
D, comme Dort. Avec le minus qui correspond à son différentiel de -9 par match (-63 sur l’ensemble), de loin le pire du Thunder, qui a pourtant remporté 3 manches avec un blowout dans le lot. L’ailier canadien est tombé sur le mauvais match-up et ses limites ont été exposées sur la plus grande des scènes. Sa maladresse (20% derrière l’arc) le rendait absolument inutile en attaque, ce qui permettait notamment aux Spurs d’aider fort sur chaque pénétration quitte à le laisser seul.
Sa défense fut aussi moins impactante. Parce que les Harper ou les Castle sont finalement tout aussi robuste que lui tout en étant plus véloce. L’avenir de Lu Dort à Oklahoma City est désormais incertain. La franchise dispose d’une option à un peu plus de 19 millions de dollars pour le conserver la saison prochaine. Elle peut l’activer et le garder… ou le transférer. Ou essayer de le prolonger pour moins cher. Voire carrément le laisser partir. En tout cas, le management va devoir se poser la question. Parce que tout le monde ne pourra pas rester. Et avec ses prestations, et celles de Cason Wallace, il est clairement un joueur susceptible de sauter.
Cason Wallace : A
Bombardé titulaire dans le Game 7, il a été le deuxième meilleur joueur d’OKC et son coup de chaud dans le quatrième quart-temps (14 pts) aurait pu tout relancer, tout changer. Bon en défense, vif, adroit (50% à trois-points sur la série), Cason Wallace est décidément un excellent joueur de rotation, prêt à endosser plus de responsabilités et déterminant dans les grands matches.
Isaiah Hartenstein : B+
Après le Game 1, au cours duquel il n’a joué que 12 minutes sans jamais affronter Wembanyama à l’exception des 100 premières secondes, on se demandait si Isaiah Hartenstein verrait le terrain sur cette série. Et bien oui. Mark Daigneault s’est finalement tourné à nouveau vers lui dès le Game 2 et l’Allemand a su se rendre utile et se trouver un rôle en étant le défenseur attitré au Français. Il l’a usé par moments. Il l’a fatigué avec sa force, parfois aussi son vice. Solide aux rebonds et toujours aussi épatant quand il s’agit de rentrer des flotteurs main gauche, l’ancien pivot des Knicks a clairement fait le job.
Chet Holmgren : C-
Quel épilogue difficile pour Chet Holmgren. Ce Game 7 ferait presque oublier tout le reste, au moins dans l’esprit de certains. Son nom va circuler dans les rumeurs et l’intersaison sera longue et rude pour le jeune homme. Il n’a pas tenté un seul tir dans les trois derniers quart-temps de cette septième manche cruciale. Il a terminé avec 4 points en étant invisible et en n’osant jamais attaqué Wembanyama, qui lui prenait un malin plaisir à exprimer sa supériorité sur celui qui ne devrait plus être considéré comme son rival.
Holmgren a démontré sur cette série sans Williams qu’il n’était pas prêt, offensivement parlant, à assumer un rôle de deuxième option à ce niveau de la compétition. Les ailiers des Spurs, Devin Vassell en tête, n’ont jamais eu peur de ses drives. Au contraire. Mais l’Américain n’a pas été catastrophique sur l’ensemble des sept rencontres. Il a même été plutôt bon par instance et a fait le job en défense, sans pour autant prendre Wembanyama. En revanche, il est vrai qu’il a l’air d’avoir un blocage contre San Antonio. Et 10 points par match (idem en saison régulière) pour un joueur bientôt à plus de 40 millions annuels, ça pose problème.
Chet Holmgren, une disparition et des questions pour l’avenir
Victor Wembanyama : A
Logiquement élu MVP des finales de Conférence avec plus de 28 points et 10 rebonds de moyenne à 48% aux tirs et 40% à trois-points, Victor Wembanyama n’a paradoxalement pas été ultra dominant à chaque rencontre. Par contre, il était toujours très impactant, même lors des matches où il est passé un peu à côté. Et, bien sûr, il y a des séquences, voire des parties entières, où il renvoie l’impression de bel et bien venir d’un autre monde.
Keldon Johnson : C+
Décevant par rapport à son statut de meilleur sixième homme de la saison, Keldon Johnson s’est rattrapé en se montrant particulièrement clutch dans le Game 7. Ses deux paniers primés au début du quatrième quart-temps ont redonné de l’air à San Antonio. Mais avec 9,9 points, 33% derrière l’arc et moins de 3 rebonds, il était tout de même sous ses standards.
Stephon Castle : A- ou B+
A-, ou B+, selon l’appréciation et le sévérité du correcteur. Stephon Castle n’a pas tout bien fait dans ces finales. Ses 20 pertes de balle sur les deux premiers matches ont coûté cher. Le retour de De’Aaron Fox l’a aidé à corriger le tir et le sophomore a alors pris une autre dimension des deux côtés du terrain. Si la réussite à trois-points l’a fui, il a fait mal à la défense du Thunder par ses drives, sa présence aux rebonds ou sa distribution. Il termine meilleur passeur, troisième aux rebonds et deuxième des Spurs au scoring malgré le fait de ne pas avoir obtenu des arbitres le traitement réservé aux stars. Parce que c’est clairement ce qu’il devient durant ce parcours en playoffs : une star.
Julian Champagnie : B+
Encore un joueur qui se révèle en se développant auprès du staff de San Antonio. Julian Champagnie n’est plus juste un shooteur dans le corner. On l’aura vu attaquer des intervalles en allant jusqu’au cercle, parfois pour finir sur un défenseur comme Holmgren. Il a durci le ton en défense et il s’est même illustré en prenant des rebonds en pagaille. Puis, évidemment, il a mis des tirs. 6 paniers primés pour achever le Thunder dans le Game 7. 17 points de moyenne à 50% derrière la ligne à trois-points sur les 3 derniers matches des finales. Il a su hausser le niveau quand Vassell commençait légèrement à baisser le pied en termes d’adresse.
Julian Champagnie, le cadeau improbable des Sixers aux Spurs
Devin Vassell : B+
Et si c’était lui qui incarnait l’âme des Spurs ? Devin Vassell a été animé comme jamais pendant cette série contre Oklahoma City. Parfait relais entre les rares vétérans du groupe et les plus jeunes, l’ailier apporte aussi du liant sur le terrain. Il n’est plus le lieutenant de Wembanyama. Pas même la troisième option. Mais il a trouvé sa place en poussant le rythme, en mettant des tirs importants et aussi en s’impliquant en défense. Sans ses efforts, il aurait pu être le premier joueur échangé par San Antonio. Mais il s’est adapté. Et ça s’illustre par son impact à différents moments de ces sept rencontres.
De’Aaron Fox : B
Six joueurs des Spurs ont marqué plus de points que lui, le joueur avec le plus gros salaire de la franchise, sur cette série. 11,2 points. D’un côté, c’est peu, trop peu, pour son statut. Mais les chiffres ne donnent qu’une partie de l’histoire. Déjà, De’Aaron Fox est revenu d’une blessure à la cheville et il n’a pas pris part aux deux premières rencontres. Il était donc diminué. Et malgré ça, sa présence a changé la donne. Parce qu’il a joué comme un vrai meneur. Rien ne garantissait qu’il deviendrait un jour ce gestionnaire capable de choisir ses moments, de faire jouer les autres, de s’effacer pour mieux briller quand la situation l’exige vraiment.
Fox a distribué 31 passes décisives en ne perdant que 7 ballons en 5 matches. Impérial de propreté. Le Thunder n’a pas non plus vraiment réussi à l’exploiter en défense. Son manque d’adresse a été pénalisant dans le Game 5 mais sa prestation dans le Game 7 était parfaite. Il pourrait mériter un peu plus qu’un B, mais il est aussi logique de se montrer un peu plus exigeant avec lui qu’avec d’autres.
Dylan Harper : A-
Impressionnant de maturité. Parfois carrément étincelant. Dylan Harper n’a eu peur de rien. Pas même de devoir parfois se comporter comme le meilleur joueur sur le terrain. Ralenti par sa blessure aux ischios, son retour en force sur les deux derniers matches a propulsé San Antonio vers les finales. L’avenir est radieux pour le deuxième choix de la dernière draft. Parce que oui, c’est un rookie, même si ça paraît invraisemblable en le regardant jouer.
