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Bam Adebayo sera la révélation du Heat

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Prometteur et surprenant lors de sa première année en NBA, Bam Adebayo nous semble prêt à se faire connaître du grand public en 2018-2019.

Un festival. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire la performance de Bam Adebayo contre les New Orleans Pelicans cette nuit (victoire du Miami Heat, 140-126). 26 points, 11/17 aux tirs, 12 rebonds, 5 interceptions et 3 blocks. Ça, c’est de la ligne de statistiques. Alors, certes, c’est une rencontre de pré-saison et les Pels évoluaient sans Anthony Davis. Autant de raisons de temporiser et de ne pas céder à l’envie d’hurler notre enthousiasme. Mais notre raisonnement au sujet du pivot passé par l’université de Kentucky s’étend au-delà de cette partie anecdotique d’octobre, aussi impressionnante soit-elle. Pour le plaisir, quand même, les highlights.

Regardez la première action. Le garçon prend un rebond défensif. Il remonte immédiatement la balle, sans chercher son meneur. Il pousse le tempo. Un peu comme Giannis Antetokounmpo. Puis il déborde son adversaire direct en dribbles, cale un euro step, manque de peu son layup mais récupère son propre ballon avant de marquer. Pré-saison, pas pré-saison, honnêtement, là, peu importe. Il y a des fois où il est important de se détacher de ce spectre pour se concentrer uniquement sur les qualités techniques ou athlétiques. Un joueur de son gabarit capable de caler ça, c’est une bénédiction. Et ce quel que soit le contexte ou l’enjeu (enfin presque).

Parce que Bam Adebayo culmine à 2,08 mètres. C’est un pivot. Regardez-le, il dribble vraiment comme un ailier – même s’il est vrai que de nombreux poste trois font finalement la même taille que lui. Il n’est pas le plus long des intérieurs mais il a des bras tentaculaires qui lui confèrent une envergure de 2,17 mètres. Et il sait s’en servir. Continuez à regarder la vidéo de son carton contre les Pelicans. Sur une action, il prend deux rebonds offensifs en quelques secondes, à chaque fois pour servir un shooteur extérieur. Sur une autre, il finit avec un petit bras roulé plein de touché. Et que dire de sa défense ! Il n’est pas le plus massif mais il est très solide sur ses appuis. Il est mobile, met de l’intensité, il a le sens du timing. Un vrai potentiel de ce côté du terrain.

Mais ce n’est pas particulièrement nouveau. « BAM » frappait déjà aux yeux l’an dernier, lors de sa saison rookie. Le quatorzième choix de la draft 2017 a réussi à se faire très vite une place au sein de la rotation d’Erik Spoelstra. Presque 20 minutes par match et un rendement chiffré intéressant : 6,9 points et 5,5 rebonds à 51% aux tirs. Surtout un prometteur 72% aux lancers qui, sans être excellent, semble déjà démontrer que faire faute sur lui ne sera probablement jamais bénéfique pour l’adversaire. Ramenez le tout sur 36 minutes et il claquait un double-double de moyenne (12 et 10) pour sa première année chez les pros.

Les statistiques, c’est un peu abstrait. Mais ajoutez-y le visuel et vous obtenez un joueur qui semble promis à réussir et à surprendre. Surtout qu’il a une vraie carte à jouer. Bam Adebayo est un basketteur typiquement moderne. Il est l’un des très rares sur son poste capable de switcher constamment sur les écrans. On fantasme sur la mobilité d’un Joel Embiid ou d’un Deandre Ayton mais aucun des deux ne sont capables de contenir un arrière. Lui peut le faire. Vraiment. Ce qui devrait justement lui permettre de rester de longues minutes sur le terrain lors des rencontres les plus importantes de la saison. Même Embiid a parfois été limité dans son temps de jeu en playoffs. Parce que le « small ball », ce n’est pas juste savoir étirer le jeu. C’est d’abord défensif. Il faut contenir les groupes avec cinq extérieurs (ceux des Warriors ou des Rockets). Adebayo peut le faire.

Pas Hassan Whiteside, son concurrent direct. Ce dernier fait plus de statistiques globales. Mais Spoelstra ne l’alignait que 25 minutes par match – soit cinq de plus que le rookie – la saison dernière. Parce qu’il est trop lent pour cette NBA (sans être le plus lourd non plus, c’est dire l’évolution de la ligue !). Trop dépassé en défense. Whiteside ne passait plus que 15 minutes sur le terrain lors des derniers playoffs. Soit autant que son jeune coéquipier. Le pivot star a promis de revenir plus fort cette saison et il devrait évidemment hériter d’une place dans le cinq. Mais il n’a pas intérêt à se planter. Parce que derrière, ça pousse.

Le grand intérêt des Minnesota Timberwolves pour Adebayo est compréhensible. Et il n’est pas anodin. Les dirigeants des loups ont réclamé le joueur de 21 ans avec insistance lors des négociations concernant un transfert de Jimmy Butler. Il y à South Beach un homme prêt à éclore. On ne serait pas étonné qu’il gratte du temps de jeu… et peut-être même une place de titulaire d’ici la fin de la saison. Affaire à suivre.

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