Les Lakers, rois pour mettre la pression sur les arbitres ?

Les Lakers, rois pour mettre la pression sur les arbitres ?

Evan Fournier peut en témoigner : les Los Angeles Lakers de LeBron James se plaignent beaucoup et savent très bien mettre la pression sur les arbitres.

BasketSessionPar BasketSession  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article

Après le Game 5, les Los Angeles Lakers se sont plaints de l’arbitrage. Entre LeBron James qui a évoqué « des coups de sifflet douteux » et les propos de Frank Vogel, la franchise californienne a tenté en partie de se défausser de ses responsabilités. Et de préparer le match suivant ?

Le Game 5 des Finales NBA a été mémorable à bien des égards et nous a offert plusieurs arcs narratifs incroyables. LeBron James et Jimmy Butler ont été monstrueux et se sont livrés un duel de titans. Privé de Goran Dragic, avec un Bam Adebayo clairement limité, le Miami Heat s’est arraché pour survivre dans cette série et a définitivement prouvé qu’elle était une grande équipe. Grâce à un Jimmy Butler qui a tout donné et qui, bien que totalement rincé, a trouvé la lucidité d’aller chercher des fautes et d’être irréprochable sur la ligne. Grâce aussi à un superbe collectif dont a émergé ce coup-ci un magnifique Duncan Robinson (26 pts, 7 triplés).

Bien évidemment, la fin du match restera également dans toutes les mémoires. Avec en point d’orgue cette passe de LeBron James pour un tir potentiellement de la gagne que Danny Green a manqué. Une issue dramatique qui a généré des tonnes de discussions (et parfois d’insultes) sur les réseaux. Une issue et des débats qui sont révélateurs des différentes approches et perceptions de notre sport et de ce qu’il doit être.

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Et comme dans toute fin de match serrée, il y a bien évidemment la question de l’arbitrage qui s’est posée. Des coups de sifflet en eux-mêmes, mais aussi de l’attitude des différents acteurs quand ceux-ci tombaient, ou pas. Pendant le match, où on a pu voir, notamment côté LA un body language qui marquait souvent leur désaccord avec les décisions ; mais aussi après la rencontre quand LeBron James et Frank Vogel se sont donc plaints.

La NBA, via son très dispensable Last Two Minutes Report, a d’ailleurs reconnu que deux coups de sifflets ont été oubliés pour les Los Angeles Lakers. Mais pas d’erreur en revanche sur les deux actions que pointaient Vogel et qui semblaient avoir tant irrité LA. Notamment la faute sifflée à Anthony Davis sur Jimmy Butler à 16 secondes de la fin.

Le technicien était-il vraiment persuadé que sa star n’avait commis aucune infraction ? Ou est-ce dans l’ADN et/ou la stratégie de l’équipe de se plaindre ? Si l’on pose cette question ici, c’est parce que le Français Evan Fournier a livré une analyse très intéressante, hier sur le plateau de NBAExtra :

« Je vais parler de mon expérience contre les Lakers. Le premier match de présaison dans la bulle, c’était contre les Lakers, et ils ont râlé de la première minute jusqu’à la dernière. Alors que c’était un scrimmage, il n’y avait pas de télé, il n’y avait rien.

Je pense que c’est juste la façon dont les Lakers abordent les matches. Je pense qu’ils mettent une énorme pression sur le corps arbitral. Ils savent qu’ils ont un gros public derrière eux et que… voilà, ce sont les Lakers et donc je peux vous dire que dans les bureaux des arbitres, ils vont en parler. C’est sûr. Parce que quand t’as LeBron qui se plaint, t’as Frank Vogel qui se plaint, bah ça va faire un petit peu de bruit. Donc à voir s’ils ne succombent pas à la pression dans le prochain match. »

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Un témoignage très éclairant, d’un joueur NBA qui plus est. Evan Fournier sait que se plaindre un minimum auprès des arbitres fait partie du jeu dans le sport collectif de haut niveau (et pas que…). Il sait donc très bien ce qui reste dans la norme dans ce domaine et ce qui la dépasse. S’il a pu constater dans un simple match d’entraînement sans enjeu ni visibilité publique ce que nous voyons en Finales NBA, c’est que cela fait partie de leur ADN ou de leur stratégie. En tout cas de leur mode de fonctionnement.

Difficile de dire si les propos de Frank Vogel ou LeBron James après le match visent consciemment à préparer le suivant en « conditionnant » le trio arbitral. Ou s’ils sont, plus probablement, un ressenti et l’expression de leur frustration. Il n’empêche qu’Evan Fournier a raison : il y a une pression instaurée, à laquelle les refs pourraient succomber. Certains présidents de club de foot, y compris ceux qui veulent qu’un multiple champion NBA leur succède, ont souvent prouvé que ces procédés pouvaient s’avérer payant.

Réponse la nuit prochaine…

 

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