Le film de leur saison : "La Cité de la Peur"

Et si cette version 2017-2018 des New York Knicks était du même acabit que "La Cité de la Peur" ? Lorsque Les Nuls ont démarché des réalisateurs pour leur film dans les années 90, ils ont essuyé un paquet de refus assez compréhensibles. Il faut dire que le pitch est un peu... déconcertant. Claude Berri a notamment décliné, arguant que le scénario était "un peu débile".

"Odile Deray, attachée de presse, vient au Festival de Cannes pour présenter le film "Red is Dead". Malheureusement, celui-ci est d'une telle faiblesse que personne ne souhaite en faire l'écho. Mais lorsque les projectionnistes du long-métrage en question meurent chacun leur tour dans d'étranges circonstances, "Red is dead" bénéficie d'une incroyable publicité. Serge Karamazov est alors chargé de protéger le nouveau projectionniste du film..."

Finalement, c'est Alain Berberian (décédé fin août), qui a accepté de s'occuper du bébé. Sur le coup, les critiques l'ont perçu comme un nanar sympathique mais qui ne resterait pas dans les mémoires... Grossière erreur. Alors, et si cette version 2017-2018 des New York Knicks était du même acabit ? Et si tous ces couacs à répétition depuis des années étaient faits pour attirer l'attention jusqu'à ce que le succès se manifeste ?

Aucun dirigeant un peu coté et censé n'a voulu prendre la relève de Phil Jackson et c'est donc Scott Perry-Berberian qui sera aux manettes. Qu'on ne se méprenne pas. Comme dans le film "de Les Nuls", il y aura encore des situations absurdes, des gags visuels (les lancers de Joakim Noah, d'anciennes gloires de l'équipe expulsées du Madison Square Garden en plein match, des joueurs limités payés une fortune, etc...), un homme de l'Est en première ligne (Karamazov/Porzingis) et des conférences de presse aussi nulles que celle de Simon Jeremi. Mais à côté de ça, il y a de quoi se marrer et, peut-être, voir le début d'une histoire amenée à devenir culte.

Le nouveau GM des Knicks a affirmé vouloir changer la culture de l'équipe et la façon de procéder après trois ans de zénitude. C'est audacieux et on a quand même envie de lui demander : "Tu bluffes, Scott Perry ?"

Le casting des New York Knicks

Le cinq attendu des New York Knicks : Ramon Sessions - Tim Hardaway Jr - Doug McDermott - Kristaps Porzingis - Enes Kanter.

Après quelques matches, ça pourrait tout aussi bien se transformer en un plus "équilibré" Ntilikina-Lee-Beasley-Porzingis-Hernangomez. En tout cas c'est ce qu'on a envie de voir. Difficile de savoir ce que sera capable d'offrir Joakim Noah une fois sa suspension purgée, mais on se dirige vers un rôle de contributeur en sortie de banc.

Le scénario

Frank Ntilikina ne met qu'un mois à déloger Ramon Sessions du cinq et devient rapidement un fan favorite au Garden. Après un match à 23 points et 8 passes contre les Pacers, Spike Lee l'invite à tester sa cave à vin et immortalise le moment avec une photo. La presse locale, qui n'arrive toujours pas à écrire son nom correctement, le surnomme alors "Pinot Noir". Flatté d'être comparé au meilleur cépage français mais fier d'avoir grandi à Strasbourg, il rappelle poliment lors d'une interview qu'en Alsace on est plutôt Pinot Gris.

Gregg Popovich en fait alors, sans le dire à personne, une priorité de recrutement pour le futur.

Sportivement, les New York Knicks ne font pas de miracle. Même si Kristaps Porzingis monte en puissance, les fans commencent à regretter Melo en voyant qu'aucun de leurs joueurs n'est autour des 20 points de moyenne. Fin janvier, Joakim Noah en a marre d'avoir moins de temps de jeu que Kyle O'Quinn, Ron Baker et Damyean Dotson et négocie un buyout. Il s'engage à Cleveland pour retrouver Derrick Rose... et son ennemi juré LeBron James.

New York finit finalement très fort, notamment grâce à Michael "Patrick" Beasley qui enchaîne les cartons avant de préparer les siens pour rentrer en Chine, où "les gens savent qu'aucun joueur n'est plus indéfendable que lui". Les Knicks bouclent la saison au 10e rang à l'Est.

L’acteur à suivre : Kristaps Porzingis

Depuis son arrivée en NBA ou presque, on a envie de voir ce que donnerait Kristaps Porzingis en option n°1. On a vu de quoi il était capable avec la Lettonie, même si le contexte était différent. La façon dont il gérera ces responsabilités nouvelles à New York déterminera sans doute les performances de la franchise, mais aussi la confiance qu'auront ses futurs coaches en son statut rêvé de franchise player.  A surveiller pour une potentielle première sélection au All-Star Game.

La note League Pass

5.5/10, "ce qui est bien, mais pas top".

On espère que cette note remontera dès que Frank Ntilikina aura bouté Ramon Sessions hors du cinq de départ. C'est toujours sympa de voir Kristaps Porzingis shooter à 3 points et être le girafon le plus mobile que la terre ait porté, mais on commence à s'y habituer un peu.

Le saviez-vous

Enes Kanter, arrivé dans le cadre du trade de Melo, est indésirable dans son pays. Le mot est faible, à vrai dire. Le pivot turc est considéré comme un ennemi à la patrie, en raison de son allégeance au mouvement politique d'opposition au président Recçep Tayip Erdogan, celui de Fetullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé par Erdogan d'avoir fomenté le coup d'état manqué de juillet 2016. La famille de Kanter l'a renié et lui a demandé d'abandonner son nom. Son passeport est bloqué et Kanter a tout intérêt, pour le moment, à ne pas quitter le sol américain.

On vous conseille l'article détaillé sur le sujet : "Enes Kanter, une cible dans le dos".